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Journal
Du Patriarcat
De Moscou
Numéro Special
1948
Journal
Du Patriarcat
De Moscou
Numéro Spécial
Consacré Aux Solennités Commémoratives
DU 500-ème ANNIVERSAIRE DE L'AUTOCÉPHALIE
De L'église Orthodoxe Russe
(1448—1948)
Editions Du Patriarcat De Moscou
1948
Table Des Matieres
Célébration solennelledes fêtes du cinqcentenaire de l'autocéphalie de l'Eglise Moscoudu 8 au Orthodoxe Russe à 18 Juillet 1943.
Délégations des Eglises aux solennités commémoratives du 500-ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à l'ouverture de la séance solennelle commémorative du 500ème Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 8 Juillet 1948.
Discours prononcé par le Président du Conseil pour ies Affaires de i'Eglise Orthodoxe auprés du Conseil des Ministres de l'U. R. G. G. Karpov à la séance solennelle d'ouverture, commémorative du 500ème Anniversaire de l'Eglise Orthodoxe Russe dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 8 Juillet 1948.
Le texte du télégramme au Président du Conseil des Ministres dé l'U. R.S.s: le Généralissime Joseph Staline, envoyé le jour de l'ouverture solennelle des Fêtes commémoratives du 500ème Anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Or- thodoxe Russe.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à l'ouverture de ia Séance inaugurale de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 9 Juillet 1948.
Decisions prises par la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales qui s'est tenue à Moscou du 8 au 17 Juillet 1948.
Résolution relative à la question: «Le Vatican et l'Frlise Orthodoxe» • • Résolution relative à la question de la Hiérarchie anglicane.
Résolution relative à la question du calendrier de l'Eglise.
Résolution relative à la question: «Le Mouvement Oecuménique et l'Eglise Orthodoxe».
Appel aux Chrétiens du Monde (texte adopté par ia conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales en sa séance plénière du 17 Juillet 1948).....
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Clôture des solennités Commémoratives.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à la Séance plénière de clôture des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales, la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 17 Juillet 1948. .
Procés-verbal de la Séance plénière de clôture de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales du 17 Juillet 1948.
Allocution prononcée par S. S. le Patriarche Alexis à la clôture des solennités commémoratives, dans le réfectoire de la Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge, le 18 Juillet 1948. . . . , Description des fêtes commémoratives A. Ch. Commémoration du 500ème anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe. .
16-я типография треста «Полиграфкнига» ОГИЗа Москва, Трехпрудный пер., 9. Зак. Nº 683
Page Зак, 683 Ligne
Errata
Auprés Procés á Mockou pout il y de cela a l'occacion noulie Mére d'aprés auprès Procès à Moscott il y a de cela l'occasion nous lie Mère d'après
Célébration Solennelle Des Fêtes
Du Cinqcentenaire De L'autocéphalie
DE L'ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE à MOSCOU du 8 au 18 JUILLET 1948
Délégations Des Églises Aux Solennités
COMMÉMORATIVES DU 500ème ANNIVERSAIRE DE L'AUTOCÉPHALIE
De L'église Orthodoxe Russe
Aux Fêtes du 500eme Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Ortho- doxe Russe qui se sont déroulées à Moscou, ont pris part, sur l'invitation de S. S. le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis, les délégations des Eglises autocéphales suivantes: De l'Eglise de Constantinople: L'Exarque du Pat- riarche de Constantinople (Oecuménique) pour l'Europe Centrale et Occi- dentale, le Métropolite de Thyatire, Germanos, le Métropolite de Rhodes, Timothée et le protopresby tre Constantin Moraitakis.
D e l'Eglise d'Antioche: Métropolite d'Emèse, Alexandre; le Métropolite du Liban, Elle et l'archimandrite Basile.
L'Eglise d'Alexandrie s'est faite représenter aux solennités et à la Conférence par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
De l'Eglise de Géorgie: S. S. le Catholicos-Patriarche, Callistrate; le Métropolite d'Ourbnisi, Melchisédech; le Métropolite de Koutais et de Gaénati, Ephrem; les protoprêtres A. Sautchouk et K. Degdariani et le protodiacre A. Akhabadzé.
De l'Eglise de Serbie: S. S. le Patriarche Gabriel; le Métropolite de Skoplié, Joseph; l'évêque de Branitchevo Benjamin; le docteur Paul Dretzouna et M. Douchan Doglich.
De l'Eglise de Roumanie: S. S. le Patriarche Justinlen; l'archevêque de Craïova, Phirmilten; l'évêque de Cluge, Nicolas; l'évêque de Bujéo, Anthime; le Doyen de la Faculté de Théologie de Bucarest, le professeur protoprêtre P. Ventilescu; le protoprêtre Siméon Ntaga et M. Ouldnu Marina.
De l'Eglise de Bulgarie: S. B. l'exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia, Stéphane; le Métropolite de Plovdi, Cyrille; le Métropolite de Slivno, Nicodème; l'archimandrite Méthode, le protoprêtre V. Splller et le prêtre K. Dimitrou.
De l'Eglise d'Hellade: le Métropolite de Phillipes et de Naples (Kavalla) Chrysostome et l'archimandrite Damascène.
De l'Eglise d'Albanie: L'évêque de Kortcha, Païssy; les prêtres Jami Risto et Lazare Konomi; M. Alex Lubant et M. Nico Tchant, secrétaire général du Synode.
De l Eglise de Pologne: l'archevêque de Belostok et de Beta; Tes prote les 5. de Von et A. Kalie, l'archipresbytre J. Kova I. Kalinovltch.
Etaient également présents à ces solennités religieuses les représentants du Patriarcat de Moscou à l'étranger: L'Exarque pour la Tchécoslovaquie, l'archevêque de Prague et de Tché- quie, Eleuthère ainsi que les représentants de l'Eglise Orthodoxe de Tché-
Coslovaquie: les protoprêtres T. Kratchmar et G. Novak, l'hégoumène Méthode et l'administrateur des affaires de l'exarcat B. L. Therkès.
L'Exarque pour l'Europe Occidentale, le Métropolite Séraphin, l'hégoumène Denis Chambault et le protoprêtre A. Serguéenko.
L' Exarque pour L'Europe Centrale, l'évêque de Vienne, Serge; l'archimandrite Arsène et le secrétaire de l'Exarcat A. P. Strouvé.
L'Exarque pour les USA, l'archevêque des Iles Aléoutiennes et d'Amérique du Nord, Macaire et les protoprêtres J. Dzuontchik et A. Prissadsky.
L'Administrateur des paroisses russes en Bulgarte l'archevêque Séraphin avec l'archimandrite Panthéleimon.
Le Doyen des paroisses russe en Yougoslavle, le protoprêtre J. Sokal avec le protoprêtre V. Nekludov.
De la Mission de l'Eglise Russe en Chine-l'archimandrite Gabriel.
Le Chef de la Mission de l'Eglise Russe en Hollande, l'archimandrite Denis et le secrétaire de la Mission M. J. van Epenhelsen.
Sur l'invitation de S. S. le Patriarche Alexis, s'est également rendu aux solennités, en qualité d'Hôte d'honneur, S. S. le Catholicos-Patriarche de tous les Arméniens, Georges VI, accompagné de l'évêque de Nakhitchevan, Karapète et d'autres personnes.
Discours
Prononcé par S. S. Le Patriarche
Alexis
A l'ouverture de la séance solennelle commémo ative du 500ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki á Mockou Le 8 Juillet 1948.
Saintetés, mes vénérables Seigneurs les Métropolites, Archevêques et Evêques, mes révérends Pères et toute la pieuse assemblée. Aujourd'hui nous avons prié auprés des Saintes Reliques du Saint Métropolite Alexis, le Thaumaturge. Par cette prière nous avons inauguré les cérémonies du 500eme anniversaire de l'événement historique que fut pour l'Eglise Russe la proclamation de son indépendance écclésiastique.
Cette communion dans la prière à l'occasion de l'Anniversaire de l'Eglise Orthodoxe Russe, satisfait particulièrement notre conscience religieuse, parce qu'elle témoigne des étroits liens spirituels existant entre les Eglises orthodoxes et qui sont un gage de notre force spirituelle contre les ennemis de l'Orthodoxie.
En effet cette année nous fêtons le 500ème Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe pour qui l'an 1448 fut une date mémorable.
Depuis cette époque elle a commencé à consacrer elle même ses Métropolites nationaux, les élisant et les consacrant en Concile de Hiérarques russes.
Et le premier des élus russes fut Saint Jonas, qui porta le titre de Métropolite de Kiev et de toutes les Russies. Ses successeurs portèrent déjà le titre de Métropolites de Moscou et de toutes les Russies.
Comment est-il advenu que l'Eglise Russe, qui avait toujours eu des sentiments filiaux pour l'Eglise-Mère Grecque de Constantinople et qui dès le commencement de son hiérarchie ecclésiastique, pendant presque 500 ans avait dépendu de l'Eglise Grecque, eût subitement acquis une indépendance totale? Quels événements extérieurs l'ont-ils amené à cette indépendance et en ont été la cause?
Il faut remarquer que même dés le début de la dépendance de l'Eglise Russe de Constantinople, cette dépendance portait déjà un caratère spécial et l'on peut dire qu'elle se bornait au droit du Patriarche de Constantinople de consacrer le Métropolite pour l'Eglise russe, accordant à celui-ci le droit d'administrer indépendamment son Eglise, suivant les Canons de l'Eglise universelle. Ainsi, même les décisions du Tribunal du Métropolite et de son Conseil, n'étaient pas envoyées à l'homologation du Patriarche. Aucune Eglise soumise au Patriarche n'avait d'aussi larges droits d'autonomie.
, Il faut dire que l'Eglise Russe, déjà dès les premières années de son existence, avait eu des droits encore plus étendus et qu'elle satisfaisait à toutes les conditions canoniques, non seulement pour pouvoir jouer d'une large autonomie, mais même pour obtenir l'autocéphalie.
Le nombre de ses évêques dépassait de beacoup le minimum requis par les Canons pour une indépendance écclésiastique totale.
Elle se trouvait dans un autre état, dont le territoire était immense, et complètement indépendant de l'état de son Eglise-Mère.
Ses fidèles appartenaient à un autre peuple, qui avait une autre langue, d'autres moeurs et d'autres coutumes.
Elle était séparée de son Eglise-Mère par une distance énorme et les relations avec cette dernière exigeaient de nombreux mois de voyage et entraînaient beaucoup de difficultés et de dangers. Et alors que ses Eglises-Soeurs, celles de Bulgarie et de Serbie, plus petites et plus rapprochées de Constantinople, jouissaient déjà depuis longtemps de l'indépendance, l'Eglise Russe pendant plus de 450 ans, acceptait humblement son etat de somission. Les évêques russes, le clergé et tout le peuple orthodoxe russe dans un esprit de mansuétude chrétienne obéissaient à leur Eglise-Mère et dans tous les cas difficiles, ils lui demandaient aide, conséil et direction. La necessité d'avoir à la tête de l'Eglise Russe, non seulement un Métropolite russe de naissance, mais aussi le droit de le nommer indépendamment du Patriarche de Constantinople par un concile d'évêques nationaux russes, devenait de plus en plus grande à mesure que l'Etat russe devenait plus puissant et que l'autorité du Métropolite de toutes les Russies croissait et se renforcait.
Le dernier Métropolite envoyé de Grèce fut Isidore, un grec, qui trahit l'orthodoxie et signa «l'Union» avec l'Eglise Romaine. Il fut moins un envoyé du Siège Patriarcale de Constantinople, qu'un prélat du pape EugèRien que le fait que l'évêque Jonas, élu à Moscou, pour le siège de Riazan ne fut pas sacré Métropolite à Constantinople, mais dut revenir à Moscou, en qualité de la suite du Métropolite Isidore, nouvellement investi fut non seulement un outrage pour le prince Basile II, mais pour toute l'Eglise Russe qui jusqu'alors avait eu plus d'une occasion de voir confirmer ses élections de Métropolites. Mais le principal et l'infranchissable obstacle à la reception du Mètropolite Isidore fut que l'on apprit quelque temps aprés la première venue d'Isidore à Moscou, en 1437, sa trahison de l'Orthodoxie. On sait, d'aprés de nombreux documents, qu'Isidore fut le principal personnage du Concile de Florence et un partisan zélé de l'«Union». On connaît sa signature sous l'acte de l'«Union»: «otepyãy nai co varvy úméypaça». C'est-à-dire, «consentant avec amour et approuvant, j'ai signé».
On peut imaginer la confusion et l'horreur du peuple orthodoxe russe, lorsqu'il entendit, le dimanche 19 mars 1441, dans la Cathédrale de l'Assomption, prier non pas pour le Patriarche de Constantinople, Joseph, mais pour le Pape de Rome Eugène, ainsi que la lecture, du haut de la chaire, de ¡'Edit du 8eme Concile et de l 'Acte de l'Union de l'Eglise Orthodoxe Russe avec l'Eglise Romaine.
Le prince réunit d'urgence un Concile à Moscou et écrivit au Patriarche de Constantinople, —Métrophane que l'arrivée d'Isidore et toute son oeuvre «avaient paru à tous nos pieux évêques, aux vénérables archimandrites, aux révérands hégoumènes et aux hiéromoines et moines, ainsi qu'à toute notre chrétienté orthodoxe, comme étant singulières et étrangères aux réglements divins et sacrés».
Isidore fut condamné, destitué par un Concile et enfermé au Monastère de Tchoudov, d'où il s'évada six mois plus tard et, passant par Tver et la Lithuanie, arriva chez le Pape. «Et, ainsi, dit le chroniqueur, il s'enfuit à Rome, d'où il avait apporté la semence de la mauvaise hérésie».
Quand parvint à Moscou la nouvelle que le successeur du Patriarche Joseph, Métrophane, et l'Empereur Jean Paléologue, malgré que l'«Union»
Ait été condamnée par la plupart du clergé et le peuple grec, étaient restes fidèles au promesses données au Pape au Concile de Florence, alors on prit à Moscou la résolution définitive d'élire un Métropolite national.
Et, en 1448, l'évêque de Riazan, Jonas, élu quelques années plus tôt par un Concile Russe, devient Métropolite de toutes les Russies.
Depuis sa nomination, commence une nouvelle période de l'indépendance totale de l'Eglise Russe de l'Eglise de Constantinople.
L'Eglise Russe a toujours saintement respecté, comme je l'ai déjà dit, son union avec l'Eglise Grecque, mais elle n'avait rien de plus cher qu'une foi intacte. Et ce n'est que dans l'indépendance totale de l'Eglice Grecque, qui était soumise en ce temps-là, à des doutes, comme cela fut prouvé par les rapports de Constantinople avec Rome à l'époque du Concile de Florence et par les événements ultérieurs en liaison avec la soumission de Constantinople au joug musulman, qu'elle voyait la possibilité de garder absolument intacte et pure sa foi orthodoxe.
De cette façon, la proclamation de l'autocéphalie en Russie, résulta du désir de la hiérarchie, du clergé et du peuple russes de garder intacte la foi, et est un témoignage de son amour ardent pour l'Eglise et de son zèle pour l'Orthodoxie.
Mais, plus tard aussi, après la proclamation de l'indépendance de l'Eglise Russe, les rapports de cette Eglise avec l'Eglise grecque ne furent pas rompus. Ces rapports trouvaient leur expression par la correspondance et dans les visites des évêques d'Orient à Moscou, ainsi que dans l'aide aux Eglises nécessiteuses d'Orient, et même, sous le tsar Ivan le Terrible, par le fait que celui-ci demanda et reçut du Patriarche la bénédiction pour sa dignité de tsar.
Les Patriarches Grecs ne rompirent pas leurs relations avec l'Eglise Russe; ils lui annonçaient les changements survenus dans le sein du Patriarcat et envoyaient à l'Eglise Russe des lettres et des messages, la plupart du temps, afin de la remercier pour ses bienfaits et pour lui demander une nouvelle aide.
Dans ces relations, maintenant indépendantes et fraternelles, on ne peut pas ne pas voir les traits de l'union sacrée des Eglises qui composent l'Unique et Sainte Eglise, Catholique et Apostolique. C'est de cette l'Union, dont parle St. Paul, dans son Epitre à l'Eglise d'Ephèse, en recommandant «de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix... par une seule espérance de vocation, un seul Seigneur, une seule toi, un seul baptême, un seul Dieu, et Père de tous... (Eph. IV, 3-6)».
Par ces mêmes traits, sont marqués actuellement encore l'unité et la com- .
Munion des Eglises composant l'Eglise Orthodoxe. Des Eglises éloignées par/la distance, étrangères entre elles, répondent avec confiance et espoir aux invitations des autres Eglises; elles prient ensemble, prennent à coeur les nécessités réciproques, tâchent de tendre la main l'une à l'autre pour porter secours et montrer un intérêt aux nécessités de l'Eglise-Soeur.
Nous confessons les desseins de Dieu, qui sont mystérieux, mais qui sont bons et providentiels pour la destinée de l'Eglise Russe, qui commémore aujourd'hui le 500ème Anniversaire de son indépendance, et nous nous réjouissons de ce qu'à cette fête prennent également part les autres Eglises orthodoxes en la personne de leur Chefs respectifs venus à cette occasion, et de ceux qui les accompagnent.
Nous regrettons que les pieux Chefs des anciennes et grandes Eglises d'Orient, en raison de tristes circonstances, les ayant prives de liberte de déplacement et d'action et dont sont affligés leurs pays respectifs n'aient pu se joindre à nous pour être nos Hôtes bienvenus, comme ce fut le cas en 1945.
En saluant, au nom de l'Eglise Orthodoxe Russe, nos bien chers Hôtes— les Saints Patriarches et les Eminentissimes Métropolites, ainsi que les évéques et les autres personnalités ecclésiastiques et laiques qui les accompagnent, de même que nos Eminentissimes Exarques, nos évêques et nos prêtres qui accomplissent leur ministère au delà des frontières de notre Patrie, je me rejouis de notre réunion actuelle, qui est'une réunion fraternelle et de prière et j'exprime le ferme espoir que cette réunion nous liera encore plus étroitement, de même que nos Eglises.
Mais, à côté du spectacle consolant de cette communion spirituelle existant entre nos Eglises, nous devons constater également de bien tristes En effet, le fait même de cette Conférence des Eglises orthodoxes à laquelle sont venus de différentes contrées nos coreligionnaires; le fait du désir qu'a l'Eglise Russe d'avoir les rapports les plus étroits et les plus fraternels avec les autres Eglises Orthodoxes, aussi bien avec les anciens Patriarcats d'Orient qu'avec les Eglises Serbe, Roumaine et Bulgare, et qui s'est traduit par ma visite de ces Eglises et la visite de nos délégations qui y ont été envoyées; enfin nos efforts pour rétablir l'unité qui a été rompue, —sans qu'il y eût de notre faute, —avec les parties dissidentes de l'Eglise Russe; d'aucuns sont enclins à voir dans tout cela notre désir de soumettre nos Eglises-Soeurs à l'influence, à la direction et à la domination de l'Eglise Russe.
Si l'on ne doit pas s'étonner de ce que les ennemis de l'orthodoxie, d'une part, et les ennemis du Peuple Russe, de l'autre, s'exercent à inventer des mensonges à notre sujet et au sujet de l'Eglise Russe, il est pour le moins étonnant que ceux qui travaillent activement pour le bien de l'Eglise et qui sont bien intentionnés à notre égard, tombent sous l'influence de ces inventions malsaines et mensongères. En agissant ainsi, on dirait qu'ils ferment délibérément les yeux sur le caractère tendencieux et mensonger de la presse européenne et américaine où prennent naissance de pareilles inventions.
L'Eglise Russe reste immuablement fidèle aux principes qui lui ont été transmis par ses ancêtres: garder strictement l'Orthodoxie, éduquer ses fidèles dans un esprit de dévouement aux règlements et aux statuts de l'Eglise, éviter toute influence étrangère à l'Eglise.
C'est pourquoi il ne peut y avoir aucun doute que l'Eglise Russe, dans quelque circonstance que ce soit, n'essayera jamais d'agir en maître dans aucune contrée étrangère, même et celle-ci lui est fraternellement proche.
Remercions Dieu, qui nous accorde la joie de cette rencontre. Profitonsen pour le bien de nos Eglises, pour le bien de l'Eglise Orthodoxe qui est Une. Restons fermes dans notre confession et que les embuches des ennemis • de la paix n'ébranlent jamais notre paix.
Que le Seigneur daigne nous accorder de célébrer en paix et dans ia joie spirituelle, ainsi que dans une communion fraternelle, notre solennité religieuse, à la gloire de Dieu et de Sa Sainte Eglise.
Discours
Prononcé par le Président du Conseil pour les affaires de l'Eglise Orthodoxe Russe, auprés du Conseil des Ministres de l'URSS G. G.
Karpov
A la séance solennelle commémorative du 500ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la cathédrale de la Résurrection de Sokolniki, à Moscou Le 8 Juillet 1948 Vénérables Hiérarques et Prêtres!
Permettez-moi, au nom du Gouvernement de Union Soviétique, de saluer la Haute Assemblée ci-présente, convoquée à l'occasion de la Commémoration du 500ème Anniversaire de l'existence autocéphale de l'Eglise Orthodoxe Russe.
Le Gouvernement m'a chargé également de transmettre ses salutations et ses meilleurs voeux aux vénérables Chefs des Eglises autocéphales et à leurs respectables compagnons de voyage venus de différents pays pour assister aux solennites de l'Eglise Orthodoxe Russe et aux peuples des pays respectifs dont les Eglises sont représentées au présent jubilé.
Informé par le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, du désir de l'Eglise Orthodoxe Russe de commémorer le 500eme Anniversaire de son Autocéphalie, par des solennités religieuses et inviter à y participer toutes les autres Eglises orthodoxes, le Gouvernement de l'Union Soviétique a favorablement accueilli ce voeu et a fourni toutes les possibilites pour sa réalisation sans difficultes.
Il y a 30 ans, dans l'Union Soviétique, l'Eglise, par la volonté du peuple, a été séparée de l'Etat, et jouit maintenant d'une entière liberté dans sa vie intérieure. Les rapports établis entre l'Eglise et l'Etat-sont tout à fait normaux, grâce à la non-immiscion de l'Eglise dans l'activité politique de l'Etat et, d'autre part, grâce à la non-immiscion de l'Etat dans l'activité intérieure de l'Eglise.
Une large représentation des Eglises Orthodoxes du monde aux solennités religieuses actuelles est un événement remarquable non seulement pour l'Eglise Russe, mais aussi pour toute l'Eglise Orthodoxe Universelle.
Il est vrai que les Chefs de certaines anciennes Eglises grecques, les uns pour des raisons ne dépendant pas de leur volonté, par suite d'événements extraordinaires en Palestine et les autres, pour des considérations d'ordre étranger à l'Eglise-ne sont pas venus assister à ces solennités.
Cependant, la présence des Chefs et des délégations de la plupart des Egli ses Orthodoxes autocéphales, représentant la majorité des fidèles orthodoxes du monde, autorise à parler d'une digne représetantion de l'Orthodoxie Universelle aux solennités de l'Eglise Orthodoxe Russe.
L'Eglise Orthodoxe Universelle, bâtie à la différence des autres groupements confessionnels, sur des principes de so bornost se compose d'Eg-
Lises indépendantes autocéphales nationales qui tout au cours de leur histoire défendaient avec rigueur leur indépendance religieuse et nationale.
Parmi les Eglises Orthodoxes représentées à cette Haute Assemblée se trouvent celles de tous les pays dont les peuples selon leur propre volonté librement manifestée, ont établi un nouvel ordre social et politique leur assurant un rapide développement matériel et spirituel.
Il est reconfortant de remarquer que les Eglises Orthodoxes dans tous ces pays soutiennent ce nouvel ordre, ne cédant pas aux différentes tentatives venant de l'extérieur en vue d'ébranler la position qu'ils occupent.
De nos jours, alors que le monde est divisé en deux camps, on peut dire avec juste raison que c'est seulement en URSS et dans les pays de la nouvelle démocratie, où l'Eglise n'est pas gênée par l'Etat, qu'elle peut librement organiser sa vie à l'intérieur du pays et avoir des relations avec les Eglises du dehors.
Permettez-moi d'exprimer le sonhait et l'assurance que la présente Conférence, consacrée aux solennités de l'Eglise Orthodoxe Russe, serve au développement et à l'affermissement ultérieur des relations amicales entre les Eglises Orthodoxes du monde.
Le Texte Du Télégramme
Au Président Du Conseil Des Ministres De I'u.r.s.s. Le Cénéralissime Joseph Staline
Envoyé le jour de l'ouverture solennelle des Fêtes Commémoratives du 500 eme Anniversaire de 1'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, Le 8 Juillet 1948 Au Président du Conseil des Ministres de l'U.R.S.S. le Généralissime Joseph Staline.
En ce jour mémorable de l'ouverture solennelle des fêtes religieuses à l'occasion du cinqcentenaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, je Vous adresse, très vénéré Joseph Vissarionovitch et au Gouvernement que vous présidez au nom de l'Eglise Russe et en celui des Hautes Délégations envoyées à ces solennités par les Eglises de Constantinople, d'Antioche, de Georgie, de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie, d'Hellade, de Pologne, d'Albanie et d'Arménie, nos salutations cordiales et nos voeux les plus chaleureux de longues années de santé et de succès continus dans votre grande oeuvre pour le bien des peuples de l'Union Soviétique et pour la paix de tous les peuples du monde.
Alexis, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies
Discours
Prononcé par S. S. le Patriarche
Alexis
À l'ouverture de la séance inaugurale de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes authocéphales, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou Le 9 Juillet 1948.
Mes Vénérables Seigneurs les Hiérarques, mes Pères et mes Enfants des Eglises orthodoxes du monde entier!
Au nom du Saint Synode de l'Eglise Orthodoxe Russe, au nom de tout Son Episcopat, au nom de toute l'Eglise Orthodoxe Russe, c'est avec joie que nous vous saluons ici, au coeur de la Russie orthodoxe, dans notre capitale Moscou.
Votre coeur fraternel doit sentir lui-même toute la douceur spirituelle d'une rencontre, si rare jusqu'à ce jour, d'Hiérarques appartenant à des peuples qui sont étrangers entre eux, le sang et la langue, mais qui sont apparentés et unis dans la foi, l'espérance et l'amour en notre Seigneur Jésus Christ.
Nous regrettons l'absence forcée, à cause de malheureses circonstances militaires et politiques de nos Vénérables Confrères les chefs des Eglises d'Alexandrie et de Jérusalem. Mais nous sommes persuadés de leur présence spirituelle parmi nous en ces Saintes Journées. Et nous souhaitons les voir au plus tôt délivrés de ces pénibles liens et les convaincre de notre sincère sympathie et de notre amour pour eux en notre Seigneur.
Vénérables Pères et Frères, en vérité «La grâce du Saint Esprit nous a réunis aujourd'hui!»-et qu'elle ne nous abandonne pas pendant toutes ces lournees de notre vie en commun!
Vous sommes persuad és de ce que nous nous sommes réunis ici pour confirmer et annoncer la paix, l'amour et la concorde en tre nous et nous souhaitons de tout coeur que ces bons sentiments soient partagés par tous ceux qui confessent notre foi orthodoxe et profitent des dons spirituels qu'elle accorde à ses fils. Et nos coeurs sont remplis de joie, parce qu'ils ne Vibrent que pour le bien de l'Orthodoxie et de tout l'Univers Chrétien!
Cette joie d'être ensemble est d'autant plus grande que nous sommes sûrs, qu'avec l'aidede Dieu, nous résoudrons d'un commun accord et pour le bien de l'Eglise, les problèmes que lui pose la vie.
Quels sont ces problèmes qui jusqu'à présent n'ont pas réclamè pas avec autant d'insistance d'être résolue et qui, à l'heure actuelle, se présentent à l'Eglise Orthodoxe avec toute leur ampleur?
Premièrement, tous nous sentons, chacun dans les limites de son Eglise locale, la manifestation d'une activité particulière de la part du Vatican. Par la voie d'intrigues politiques et exclusivement par des moyens temporels, la Papauté fait tout son possible afin de compromettre tout l'union qui règne au sein de l'Eglise Orthodoxe. Âu lieu d'une prédication religieuse, pacifique dans l'esprit du Christ, la Papauté mène une propagande hostile avec l'aide de ses innombrables ramifications, et se servant à cet effet d'informations volontairement mensongères, ou tendancieuses au sujet de la situation des Eglises Orthodoxes. Outre cette activitè qui n'est ni morale, ni religieuse, elle essaye, en agissant par la force de détacher les populations orthodoxes de leur foi ancestrale. Il y a eu surtout beaucoup de cas de violence de ce genre dans la malheureuse Eglise Serbe pendant l'occupation allemande. Cet aveuglement de la Papauté peut paraître étonnant. Peut-elle estimer que cette acquisition de fidèles, obtenue par un moyen aussi indigne du. Christianisme, puisse plaîre au Christ?
N'émettant pas le vouloir d'une union fraternelle en Christ, la Papauté prépare un terrain propice au germe des semences de l'athéisme.
Les vraies missions, la prédication de la pure doctrine enseignée par les Apôtres, se réduisent à la propagande d'idées papistes, qui n'ont rien de chrétien et deviennent dignes d'être qualifiées d'«agression de la Papauté»... N'est-ce pas un scandale aux yeux de tous les Chrétiens? Cela ne rentorce-t-il pas la propagation de l'athéisme dans le monde?
C'est pour cela que se posent à nous toutes les questions qui nous inquiètent au sujet de tous les fidèles chrétiens: comment et par quels moyens, nous, Orthodoxes, pouvons-nous, avec l'aide de Dieu, agir sur l'Eglise Romaine, afin de lui ôter son aveuglement moral et de l'appeler à abandonner ses moyens temporels de propagande et ses intrigues politiques?
Notre Seigneur Jésus Christ ne recourait qu'à la prédication pacitique pour faire connaître la Révélation Divine et n'usait de recours paroles de courroux que pour accuser l'hypocrisie: Que les héritiers du Siège Apostoliques de Rome ne se dévient pas de cette voie!
Le Christ ne s'est pas laissé tenter par le Diable dans le désert et ne conclut aucun accord ni avec Hérode, ni avec Pilate. Que les gardiens apostoliques de l'Eglise du Christ à Rome abandonnent cette façon d'agir!
Le Christ, dans Sa prière sacerdotale pour ses disciples, invoquait Son Père: «Père Saint! garde-les en Ton nom ... afin qu'ils soient Un ...»
(Jean, XVII, I1). Et notre premier devoir épiscopal est de tâcher de garder notre unité. Et le Christ dit à ses disciples: «que celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fasse votre serviteur, et que celui qui voudra être le premier parmi vous, se fasse votre esclave». (Matth XXI 26—27). Que le Seigneur ouvre les yeux de l'âme des Pontifes Romains, et qu'ils acquièrent avec l'aide de Dieu la force de l'Esprit, pour refu— ser le désir orgueilleux d'établir leur domination temporelle parmi tous les héritiers des Apôtres!
Oh! si le Seigneur daignait nous accorder de voir le jour glorieux de l'union des Evêques qui sont égaux en droits et frères entre eux, des deux Eglises du Christ!... Cela aurait servi de commencement à la paix dans le monde entier et de terme à d'honteuses utilisations du christianisme par les maîtres avides des ténèbres de ce siècle dans le but d'attiser la flamme de la guerre.
Ceci est le premier problème.
Ensuite: Tous nous sommes en relations fraternelles avec l'Eglise Anglicane. Il n'y a pas longtemps encore, nous avons eu des conversations amicales personnelles avec ses Pasteurs au sujet du rapprochement de nos Eglises et au sujet de la reconnaissance de l'Eglise Anglicane par l'Eglise Orthodoxe.
L'extérieur de la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki, à Moscou.
J. d. P. d. M. Numéro spécial.
Il y a seulement un an que l'Eglise Orthodoxe Russe a reçu de Sa Grâce, l'Archevêque de Canterbury une lettre lui demandant d'examiner la question de la reconnaissance de la validité des ordinations dans l'Eglise Anglicane. En même temps, Sa lettre annonça que ces ordinations sont reconnues séparément par chacun des Patriarches orthodoxes suivants: ceux de Constantinople, d'Alexandrie, de Jérusalem et de Roumanie. Plus tard, nous avons apprises la reconnaissance, à titre privé, des ordinations anglicanes également par l'Eglise Orthodoxe de Bulgarie. Ne possédant que peu de documents au sujet de cette reconnaissance, nous n'y avons pas vu d'arguments concluants du point de vue dogmatique, canonique et historico-ecclésiologique au profit de la reconnaissance en question. En raison de la difficulté de cette question et de l'absence d'unité dans sa compréhension formulée par l'ensemble des Eglises Orthodoxes locales, nous avons décidé, dans le but de garder le respect dû à notre confrère en Christ, l'Archevêque de Canterbury, de demander à l'ensemble de nos évêques de résoudre fraternellement cette question.
La façon dont comprend cette question l'Eglise Orthodoxe Russe est exposée dans le rapport de l'un des professeurs de l'Académie de Théologie de Moscou.
Il est compréhensible que cette question soit extrêmement compliquée.
Surtout, si on prend en considération le fait que le Pouvoir Suprême laic: le roi d'Angleterre est en même temps le Chef de l'Eglise Anglicane et sans l'assentiment duquel aucun des 39 articles de la «confession de foi»
Anglicane ne peut être changé et que nos pourparlers et même nos accords èventuels, conclus avec le clergé anglican ne pourront porter qu'un caractère préalable.
C'est la deuxième question qui doit être résolue à notre Conférence.
Passons à la question du calendrier. D'une part nous possédons des prescriptions canoniques formelles, précisément au sujet du Canon Pascal, de l'autre, les données plus récentes de la science astronomique. La difficulté de cette question au sujet du nouveau et de l'ancien style dans le calendrier de l'Eglise oblige la nôtre à souhaiter ici également une décision commune inspirée d'en Haut, pour que nous gardions l'unité intérieure de notre conscience orthodoxe commune.
C'est la troisième question qui attend d'être résolue.
Il nous reste encore à entamer l'examen d'une question qui n'est pas plus simple, au sujet du mouvement qu'on appelle «Le Mouve ment oecuménique». Les représentants de certaines Eglises ont pris les dernières annees une part très active à ce mouvement et, certainion bien be, peutonte aux te prit de à eux smet et coperésultat de son activité. L'Eglise Orthodoxe Russe n'a pu apprendre à le connaître que par des publications et des rapports ecrits. Mais si tous nous sommes persuadés seulement de la vérité absolue, de l'Orthodoxie, alors après l'examen des exposés présentés à la Conférence, nous ne pourrons ne pas en arriver à une même décision au sujet de l'attitude de l'Eglise Orthodoxe envers ce mouvement.
Le Mouvement Oecuménique, c'est-à-dire le mouvement universel pour l'union de toutes les Eglises, est presque centenaire. De meilleures espérances des chrétiens de toutes les Eglises sont contenues dans son admirable idée.
L'Eglise Orthodoxe prie pour la réalisation de cet espoir. La question de savoir s'il faut tâcher de réaliser cette idée dans la vie peut-elle se poser par ellemême si sa réalisation est tant désirable? Certainement pas, devons nous répondre, car tous nous désirons être unis en Christ.
Mais pourquoi sommes-nous aujourd'hui obligés de poser à nouveau la question de l'attitude de l'Eglise Orthodoxe envers le mouvement oecuménique, dans son cours actuel? Parce que l'année 1937, après les Conférences
D'Edinbourg et d'Oxford, est devenue l'année où le mouvement oecuménique a fait un tournant décisif en s'éloignant de l'Eglise en tant que telle, et en déterminant l'importance de cette dernière en comparaison avec des notions qui n'ont rien de commun avec elle, telles que l'Etat, la société, etc.
Une Eglise organisee selon le plan oecumenique serait menacée par le fait d'être plus prés de la terre que ciel.
L'Assemblée de 1948 n'aura aucune question dogmatique à résoudre.
En particulier, il n'est indiqué au programme officiel de l'Assemblée aucun exposé de l'Eglise Orthodoxe, en tant que telle. Sur toutes les questions il est promis une entière liberté de compréhension et d'agrément ou de refus. Mais la résolution de la question relative de la ratification de la Constitution du Conseil Universel des Eglises, artificiellement créé est déjà décidé d'avance et ne sera plus préexaminée. L'Eglise Orthodoxe n'estime pas nécessaire de créer une union administrative des Eglises locales elles-mêmes. Pourquoi participera-t-elle donc à l'union administrative d'organisations chrétiennes qui ont des opinions différentes et cette participation ne signifierat-elle pas que nous serions prêts à sacrifier le trésor de notre foi au nom de quelque union illusoire et fausse?
Et puis, quelle place pourraient occuper les Slaves orthodoxes dans cette société? En tous cas, pas celle qui répondrait à leur importance. En effet, à l'Assemblée d'Amsterdam, il n'y aura que trois langues officielles: le français, l'anglais et l'allemand, mais aucune langue slave.
Comment définirons-nous notre attitude envers le Mouvement oecuménique actuel? L'Eglise Orthodoxe a un précédent de résolution positive de cette question à la Conférence de Vatopède en 1930, où les représentants de l'Eglise Orthodoxe Russe furent absents. Les théologiens orthodoxes, au Congrès d'Athènes, en 1936 décidèrent de soutenir entièrement le Mouvement Oecuménique. Mais tout cela s'est passé avant 1937, année de fusion des deux branches du Mouvement: «La Foi et l'Ordre» et «La Vie et la discipline de l'Eglise» avec l'effondrement définitif de la première branche à la Conférence d'Utrecht en 1938. C'est pourquoi cette question doit être réexaminée.
L'essai de ce réexamen est entrepris dans notre exposé. On y a pris en considération les comptes-rendus et les décisions des deux Conférences, les opinions des autres Eglises, les impressions des membres des Conférences et on y a fait une analyse critique d'une certaine partie de tous ces documents. L'exposé montre que l'Oecuménisme a répondu par l'ingratitude à l'aimable soutien du Congrès d'Athènes et n'a pris en considération aucune proposition des orthodoxes. L'ordre du jour de l'Assemblée d'Amsterdam n'est pas fort chargé.
La question principale est la ratification de la Constitution du Conseil Universel des Eglises. C'est par cela que l'idéal temporel d'une domination universelle se prépare à la resurrection. On construit un nouveau temple, au toit élevé et à la pancarte orgueilleuse: «Conseil Universel des Eglises».
Dans le souci qu'elle prend de tous les fidèles chrétiens du monde, notre Eglise Orthodoxe doit prendre sur elle la charge de tenter de les sauver de la déviation du vrai chemin qui conduit au Royaume de Dieu. A notre Conférence fraternelle actuelle, nous ne devons pas nous borner à répondre brièvement aux questions que nous posent les autres Eglises; il faut que nous fassions une déclaration solennelle de notre foi. Jusqu'à présent, la plupart des chrétiens ignorent la vérité sur l'Orthodoxie. Que ferons-nous pour satisfaire le commandement du Christ: «Allez et enseignez tous les peuples?...» Que tous ceux qui confessent le Christ apprennent qu'il y a dans le monde une Eglise Orthodoxe qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique conduisant aux portes du Royaume de Dieu et qui possède en abondance toute la plénitude des dons du Saint Esprit. Que tout l'Univers Chrétien sache que l'Eglise orthodoxe tend à la vraie union pour obtenir la paix sur la terre et la prospérité de tous les peuples, répondant à l'appel du Christ à tous ceux qui sont fatigués et chargés.
Que toute âme chrétienne apprenne toute la défense invincible de l'Eglise, toute la plénitude de la Grâce accordée par les Saints Sacrements, toute la sagesse de la tradition patristique et toute la force de la Grâce Divine résidant immuablement dans l'Eglise.
Que le Saint Esprit nous assiste, surtout en ces jours de notre rencontre dans la prière et le travail, nous accordant en abondance les dons de Sa grâce.
Et que triomphe le réel et l'authentique principe des Commandements du Christ au genre humain: l'amour réciproque!
Decisions
Prises Par La Conférence
Des Chefs Et Des Représentants
Des Églises Orthodoxes Autocéphales
Ayant Eu Lieu À Moscou
Du 8 au 17 JUILLET 1948
Résolution Relative A La Question:
«le Vatican Et L'eglise Orthodoxe»
La Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises orthodoxes autocéphales, ayant pris connaissance des exposés suivants: «La Papauté et l'Eglise orthodoxe», «L'attitude du Vatican à l'égard des Eglises orthodoxes slaves, pendant ces trente dernières années», «Le Vatican et l'Eglise Orthodoxe».
Et «L'Eglise Romaine et l'unité de l'Eglise du Christ), en est venue à conclure que la Cure Romaine, ayant à sa tête l'Evêque de Rome, pendant de longs siècles, comme l'ont êcrit autrefois les Pères du Concile d'Afrique au Pape Célestin, sous linfluence «de l'arrogance séculière, pleine de fumée» et pour d'autres raisons purement humaines, a dénaturé la vraie doctrine de l'Evangile, reçue du Seigneur par l'intermédiaire des Saints Apôtres, ces «trompettes du St. Esprit» (ler Canon du VIlème Concile Oecuménique). Dédaignant l'ordre formel des Pères du VIème Concile oecuménique, «de garder la foi que nous avons reçue de témoins oculaires et des serviteurs du Verbe, les apôtres élus par Dieu, intacte des innovations» (ler Canon du VIe Concile Oecuménique; comp. le lèr Canon du VIlème Concile Oecuménique), les Evêques Romains ont violé la pureté de la doctrine de l'Orthodoxie Antique et Universelle, par des dogmes nouvellement introduits sur le «Filioque» et l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu et, surtout, par la doctrine qui est tout à fait antichrétienne sur l'autorité du Pape dans l'Eglise et sur son infaillibilité.
Par suite de cette innovation antichrétienne, les Evêques de Rome ont causé un tort énorme à l'unité de l'Eglise Universelle du Christ et, en général, à l'oeuvre du salut des hommes sur la terre.
Les Pères du VIème Concile Oecuménique (1er Canon du VIème Concile Oecuménique) prévoyant le tort énorme que peuvent causer à l'Eglise des innovations dogmatiques-«Ont résolu formellement de n'ajouter quoique ce soit, ni de soustraire», aux dogmes sacrés, qui ont été proclamés aux six Conciles oecuméniques (comp. le ler Canon du VIlème Concile Oecuménique). C'est pourquoi, ce n'est pas nous, mais ce sont les pieuses bouches des Pères des Conciles oecuméniques qui prononcent actuellement la condamnation de la papauté de Rome pout tous les dogmes romains, nouvellement proclamés.
Car ces dogmes sont des inventions purement humaines, qui ne sont fondées ni sur les Saintes Ecritures, ni sur la Sainte Tradition, ni sur la littérature patristique, ni même sur l'histoire de l'Eglise.
Notre présente décision qui condamne la Papauté, n'est pas accidentelle, mais elle découle des principes les plus fondamentaux de l'Orthodoxie Anti- que et Universelle, exprimés dans le Canon bien connu de Vincent de Lirins: «Id teneamus quod semper, quod ubique, quod ad omnibus creditum est›— «Nous gardons ce en quoi tous ont cru toujours et partout».
Notre décision n'est pas une chose nouvelle, la confession des Patriarches d'Orient. En 1723, ils écrivaient: «Aux éminents Archevêques et évêques de Grande-Bretagne» «Nos. dogmes et
La doctrine de l'Eglise d'Orient ont été examinés depuis longtemps, définis exactement et pieusement ratifiés par les Saints Conciles Oecuméniques.
Il n'est pas permis d'y ajouter ou d'en soustraire quoique ce soit».
(Lettre des Patriarches de l'Eglise Catholique d'Orient au sujet de la Foi Orthodoxe»).
Dans leur Epître régionale à l'occasion de l'encyclique du Pape Léon XIII sur l'Union des Eglises (1894) les Patriarches d'Orient confirment encore plus nettement leur fidélité aux traditions de l'Eglise Orthodoxe Universelle. «Et nous transmettrons la Foi sacrée aux générations à venir, que nous avons reçue sans aucun changement, afin qu'eux aussi, comme nous, puissent parler sans honte, et sans reproche de la foi de leurs ancêtres».
L'oubli par le Vatican des traditions de l'Orthodoxie Oecuménique a conduit la barque de l'Eglise Catholique Romaine dans l'ambiance du papisme antichrétien et étranger à l'Eglise du Christ.
Comme il est connu, l'essence du papisme s'exprime non pas seulement dans l'altération de l'authentique Orthodoxie Oecuménique en y apportant de tels dogmes nouvellement créés, comme l'enseignement sur la Suprématie du Pape dans l'Eglise et son infaillibilité. Toute l'histoire du papisme clame devant la Justice Divine pour la déformation papiste de l'enseignement du Nouveau Testament sur l'Eglise du Christ. Du corps mystique du Christ, de «la colonne et l'appui de la Vérité», «L'Eglise de Dieu Vivant» (I Tim, 3, 15) est transformée par les papistes en une organisation temporelle et politique. Au cours de longs siécles et jusqu'à jours le papisme par les guerres sanglantes et toutes sortes de violences, s'appliquait à convertir les orthodoxes au catholicisme soit directement, soit par «L'union». Par exemple, comme ce fut le cas des Roumains en Transylvanie en 1700, des Bulgares en Turquie en 1859-60, et au cours de la dernière guerre-des 340.000 Serbes, Albanais et Croates, ainsi qu'en Tchécoslovaquie, Pologne, Ukraine, et Russie Blanche.
Pour les évêques de Rome ces rois de l'Etat temporel («patrimonium Sancti Petri») la politique était toujours «suprema lex». Ils étaint toujours du côté des puissants de «ce monde» et allaient contre les faibles et les exploités. De même que maintenant-l'activité du Vatican est dirigée contre les intérêts des travailleurs. Le Vatican, c'est le centre des intrigues internationales contre les intérêts des peuples, surtout des peuples Slaves, le centre du fachisme international. L'essentiel de la morale chrétienne est l'appel de notre Sauveur à la charite (Jean, XIII, 34-35), tandis que le Vatican est, au contraire l'un des instigateurs de deux guerres impérialistes et prend actuellement une part très active à l'instigation d'une nouvelle guerre et, en général, à la lutte politique contre la démocratie mondiale.
Fidèles aux traditions de leurs prédécesseurs, de même les Papes des XIXème et XXème siècles, se sont adonnés à un tel point aux tendances séculière, qu'ils ne se gênent plus de se présenter devant l'opinion publique du Monde Chrétien, en qualité d'hommes politiques.
Même les écrivains catholiques qui sont les partisans acharnés de la grandeur des Papes, disent de Pie XII qu'il est un diplomate très adroit et l'appellent «le Pape politique» (Gabriel Louis Jarain. «S. S. Pie XII. Epitre au monde en temps de guerre». Paris, 1945).
Par conséquent, la vertu du «vicaire infaillible de Dieu sur la terre», le Pape Pie XII est aux yeux de ses admirateurs, son activité politique, c'est-à-dire, sa participation à l'instigation des guerres fratricides, sa lutte contre la démocratie et sa défense du fascisme.
Tout l'Univers Chrétien et tous les vrais fidèles catholiques doivent comprendre dans quel gouffre les mène la papauté actuelle.
Tous les chrétiens, sans égard à leur nationalité ou à leur confession,
Chretienne, a pas moratigue et aela latolitique du Vatican, comme antichrétienne, Nous prions avec ferveur le Pontife Suprême, notre Seigneur Jésus Christ, afin qu'Il éclaire par la lumière de Sa Doctrine divine la hiérarchie catholique et l'aide à comprendre dans quel gouffre de péchés ils sont tombes, dans quel gouffre ils ont fait tomber l'Eglise d'Occident en inventant une nouvelle doctrine sur la Suprématie et l'infaillibilité du Pape ainsi qu'en profitant de l'Eglise dans l'intérêt de la lutte politique.
- Alexis, par la Grâce de Dieu, Patriarche de Moscou et de toutes les Rus- * Callistrate Patriarche-Catholicos de toute la Géorgie.
AEM le Patriarche de Serbie Gabriel.
Justinien, Par la Grâce de Dieu, Patriarche de Roumanie.
Stéphane, Exarque de Bulgarie.
Au nom de l'Eglise d'Antioche: Le Métropolite d'Emèse Alexandre.
Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise d'Alexandrie*: Le Métropolite d'Emèse Alexandre.
Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe Autocéphale de Pologne: + Timothée, archevêque de Belostok et de Béla.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe d'Albanie: + L'évêque de Kortcha Palssy.
- L'Exarque du Patriarche de Moscou Tchécoslo va quie Eleuthère, archevêque de Prague et de Tchéquie.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
- Sa Béatitude le Patriarche Christophe a fait-représenté l'Eglise d'Alexandrie par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
Résolution Relative À La Question «de La Validité
Des Ordinations Anglicanes»
Après avoir entendu les exposés au Sujet de «la Hiérarchie anglicane», la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes Auto- céphales, avec un sentiments de bienveillance chrétienne et d'affection pater- nelle à l'égard des chrétiens anglicans, dans leurs recherches de la voie vers la reconnaissance de la Validité de la Hiérarchie Anglicane, décide: 1º.—La doctrine contenue dans les «39 articles» de l'Eglise Anglicane dif- fère radicalement des dogmes, de la doctrine et de la tradition conféssés par l'Eglise Orthodoxe. Mais pourtant la solution de la question relative à la reconnaissance de la validité de la Hiérarchie Anglicane doit avoir avant tout, à sa base un enseignement sur les Sacrements concordant avec l'Orthodoxie.
Des consentements à la modification de l'enseignements de ces «articles»
Sur les Sacrements le rapprochant de l'Orthodoxie et exprimés à titre privé par la Hiérarchie Anglicane ne peuvent servir de base à la solution de la question dans le sens positif. C'est pourquoi si l'Eglise Orthodoxe ne peut consentir à la reconnaissance de la regularité de l'enseignement anglican sur les Sacrements en général et celui du sacerdose, en particulier, de même Elle ne pou
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Journal
Du Patriarcat
De Moscou
Numéro Special
1948
Journal
Du Patriarcat
De Moscou
Numéro Spécial
Consacré Aux Solennités Commémoratives
DU 500-ème ANNIVERSAIRE DE L'AUTOCÉPHALIE
De L'église Orthodoxe Russe
(1448—1948)
Editions Du Patriarcat De Moscou
1948
Table Des Matieres
Célébration solennelledes fêtes du cinqcentenaire de l'autocéphalie de l'Eglise Moscoudu 8 au Orthodoxe Russe à 18 Juillet 1943.
Délégations des Eglises aux solennités commémoratives du 500-ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à l'ouverture de la séance solennelle commémorative du 500ème Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 8 Juillet 1948.
Discours prononcé par le Président du Conseil pour ies Affaires de i'Eglise Orthodoxe auprés du Conseil des Ministres de l'U. R. G. G. Karpov à la séance solennelle d'ouverture, commémorative du 500ème Anniversaire de l'Eglise Orthodoxe Russe dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 8 Juillet 1948.
Le texte du télégramme au Président du Conseil des Ministres dé l'U. R.S.s: le Généralissime Joseph Staline, envoyé le jour de l'ouverture solennelle des Fêtes commémoratives du 500ème Anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Or- thodoxe Russe.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à l'ouverture de ia Séance inaugurale de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 9 Juillet 1948.
Decisions prises par la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales qui s'est tenue à Moscou du 8 au 17 Juillet 1948.
Résolution relative à la question: «Le Vatican et l'Frlise Orthodoxe» • • Résolution relative à la question de la Hiérarchie anglicane.
Résolution relative à la question du calendrier de l'Eglise.
Résolution relative à la question: «Le Mouvement Oecuménique et l'Eglise Orthodoxe».
Appel aux Chrétiens du Monde (texte adopté par ia conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales en sa séance plénière du 17 Juillet 1948).....
........
Clôture des solennités Commémoratives.
Discours prononcé par S. S. le Patriarche Alexis à la Séance plénière de clôture des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales, la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou, le 17 Juillet 1948. .
Procés-verbal de la Séance plénière de clôture de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales du 17 Juillet 1948.
Allocution prononcée par S. S. le Patriarche Alexis à la clôture des solennités commémoratives, dans le réfectoire de la Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge, le 18 Juillet 1948. . . . , Description des fêtes commémoratives A. Ch. Commémoration du 500ème anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe. .
16-я типография треста «Полиграфкнига» ОГИЗа Москва, Трехпрудный пер., 9. Зак. Nº 683
Page Зак, 683 Ligne
Errata
Auprés Procés á Mockou pout il y de cela a l'occacion noulie Mére d'aprés auprès Procès à Moscott il y a de cela l'occasion nous lie Mère d'après
Célébration Solennelle Des Fêtes
Du Cinqcentenaire De L'autocéphalie
DE L'ÉGLISE ORTHODOXE RUSSE à MOSCOU du 8 au 18 JUILLET 1948
Délégations Des Églises Aux Solennités
COMMÉMORATIVES DU 500ème ANNIVERSAIRE DE L'AUTOCÉPHALIE
De L'église Orthodoxe Russe
Aux Fêtes du 500eme Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Ortho- doxe Russe qui se sont déroulées à Moscou, ont pris part, sur l'invitation de S. S. le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis, les délégations des Eglises autocéphales suivantes: De l'Eglise de Constantinople: L'Exarque du Pat- riarche de Constantinople (Oecuménique) pour l'Europe Centrale et Occi- dentale, le Métropolite de Thyatire, Germanos, le Métropolite de Rhodes, Timothée et le protopresby tre Constantin Moraitakis.
D e l'Eglise d'Antioche: Métropolite d'Emèse, Alexandre; le Métropolite du Liban, Elle et l'archimandrite Basile.
L'Eglise d'Alexandrie s'est faite représenter aux solennités et à la Conférence par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
De l'Eglise de Géorgie: S. S. le Catholicos-Patriarche, Callistrate; le Métropolite d'Ourbnisi, Melchisédech; le Métropolite de Koutais et de Gaénati, Ephrem; les protoprêtres A. Sautchouk et K. Degdariani et le protodiacre A. Akhabadzé.
De l'Eglise de Serbie: S. S. le Patriarche Gabriel; le Métropolite de Skoplié, Joseph; l'évêque de Branitchevo Benjamin; le docteur Paul Dretzouna et M. Douchan Doglich.
De l'Eglise de Roumanie: S. S. le Patriarche Justinlen; l'archevêque de Craïova, Phirmilten; l'évêque de Cluge, Nicolas; l'évêque de Bujéo, Anthime; le Doyen de la Faculté de Théologie de Bucarest, le professeur protoprêtre P. Ventilescu; le protoprêtre Siméon Ntaga et M. Ouldnu Marina.
De l'Eglise de Bulgarie: S. B. l'exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia, Stéphane; le Métropolite de Plovdi, Cyrille; le Métropolite de Slivno, Nicodème; l'archimandrite Méthode, le protoprêtre V. Splller et le prêtre K. Dimitrou.
De l'Eglise d'Hellade: le Métropolite de Phillipes et de Naples (Kavalla) Chrysostome et l'archimandrite Damascène.
De l'Eglise d'Albanie: L'évêque de Kortcha, Païssy; les prêtres Jami Risto et Lazare Konomi; M. Alex Lubant et M. Nico Tchant, secrétaire général du Synode.
De l Eglise de Pologne: l'archevêque de Belostok et de Beta; Tes prote les 5. de Von et A. Kalie, l'archipresbytre J. Kova I. Kalinovltch.
Etaient également présents à ces solennités religieuses les représentants du Patriarcat de Moscou à l'étranger: L'Exarque pour la Tchécoslovaquie, l'archevêque de Prague et de Tché- quie, Eleuthère ainsi que les représentants de l'Eglise Orthodoxe de Tché-
Coslovaquie: les protoprêtres T. Kratchmar et G. Novak, l'hégoumène Méthode et l'administrateur des affaires de l'exarcat B. L. Therkès.
L'Exarque pour l'Europe Occidentale, le Métropolite Séraphin, l'hégoumène Denis Chambault et le protoprêtre A. Serguéenko.
L' Exarque pour L'Europe Centrale, l'évêque de Vienne, Serge; l'archimandrite Arsène et le secrétaire de l'Exarcat A. P. Strouvé.
L'Exarque pour les USA, l'archevêque des Iles Aléoutiennes et d'Amérique du Nord, Macaire et les protoprêtres J. Dzuontchik et A. Prissadsky.
L'Administrateur des paroisses russes en Bulgarte l'archevêque Séraphin avec l'archimandrite Panthéleimon.
Le Doyen des paroisses russe en Yougoslavle, le protoprêtre J. Sokal avec le protoprêtre V. Nekludov.
De la Mission de l'Eglise Russe en Chine-l'archimandrite Gabriel.
Le Chef de la Mission de l'Eglise Russe en Hollande, l'archimandrite Denis et le secrétaire de la Mission M. J. van Epenhelsen.
Sur l'invitation de S. S. le Patriarche Alexis, s'est également rendu aux solennités, en qualité d'Hôte d'honneur, S. S. le Catholicos-Patriarche de tous les Arméniens, Georges VI, accompagné de l'évêque de Nakhitchevan, Karapète et d'autres personnes.
Discours
Prononcé par S. S. Le Patriarche
Alexis
A l'ouverture de la séance solennelle commémo ative du 500ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki á Mockou Le 8 Juillet 1948.
Saintetés, mes vénérables Seigneurs les Métropolites, Archevêques et Evêques, mes révérends Pères et toute la pieuse assemblée. Aujourd'hui nous avons prié auprés des Saintes Reliques du Saint Métropolite Alexis, le Thaumaturge. Par cette prière nous avons inauguré les cérémonies du 500eme anniversaire de l'événement historique que fut pour l'Eglise Russe la proclamation de son indépendance écclésiastique.
Cette communion dans la prière à l'occasion de l'Anniversaire de l'Eglise Orthodoxe Russe, satisfait particulièrement notre conscience religieuse, parce qu'elle témoigne des étroits liens spirituels existant entre les Eglises orthodoxes et qui sont un gage de notre force spirituelle contre les ennemis de l'Orthodoxie.
En effet cette année nous fêtons le 500ème Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe pour qui l'an 1448 fut une date mémorable.
Depuis cette époque elle a commencé à consacrer elle même ses Métropolites nationaux, les élisant et les consacrant en Concile de Hiérarques russes.
Et le premier des élus russes fut Saint Jonas, qui porta le titre de Métropolite de Kiev et de toutes les Russies. Ses successeurs portèrent déjà le titre de Métropolites de Moscou et de toutes les Russies.
Comment est-il advenu que l'Eglise Russe, qui avait toujours eu des sentiments filiaux pour l'Eglise-Mère Grecque de Constantinople et qui dès le commencement de son hiérarchie ecclésiastique, pendant presque 500 ans avait dépendu de l'Eglise Grecque, eût subitement acquis une indépendance totale? Quels événements extérieurs l'ont-ils amené à cette indépendance et en ont été la cause?
Il faut remarquer que même dés le début de la dépendance de l'Eglise Russe de Constantinople, cette dépendance portait déjà un caratère spécial et l'on peut dire qu'elle se bornait au droit du Patriarche de Constantinople de consacrer le Métropolite pour l'Eglise russe, accordant à celui-ci le droit d'administrer indépendamment son Eglise, suivant les Canons de l'Eglise universelle. Ainsi, même les décisions du Tribunal du Métropolite et de son Conseil, n'étaient pas envoyées à l'homologation du Patriarche. Aucune Eglise soumise au Patriarche n'avait d'aussi larges droits d'autonomie.
, Il faut dire que l'Eglise Russe, déjà dès les premières années de son existence, avait eu des droits encore plus étendus et qu'elle satisfaisait à toutes les conditions canoniques, non seulement pour pouvoir jouer d'une large autonomie, mais même pour obtenir l'autocéphalie.
Le nombre de ses évêques dépassait de beacoup le minimum requis par les Canons pour une indépendance écclésiastique totale.
Elle se trouvait dans un autre état, dont le territoire était immense, et complètement indépendant de l'état de son Eglise-Mère.
Ses fidèles appartenaient à un autre peuple, qui avait une autre langue, d'autres moeurs et d'autres coutumes.
Elle était séparée de son Eglise-Mère par une distance énorme et les relations avec cette dernière exigeaient de nombreux mois de voyage et entraînaient beaucoup de difficultés et de dangers. Et alors que ses Eglises-Soeurs, celles de Bulgarie et de Serbie, plus petites et plus rapprochées de Constantinople, jouissaient déjà depuis longtemps de l'indépendance, l'Eglise Russe pendant plus de 450 ans, acceptait humblement son etat de somission. Les évêques russes, le clergé et tout le peuple orthodoxe russe dans un esprit de mansuétude chrétienne obéissaient à leur Eglise-Mère et dans tous les cas difficiles, ils lui demandaient aide, conséil et direction. La necessité d'avoir à la tête de l'Eglise Russe, non seulement un Métropolite russe de naissance, mais aussi le droit de le nommer indépendamment du Patriarche de Constantinople par un concile d'évêques nationaux russes, devenait de plus en plus grande à mesure que l'Etat russe devenait plus puissant et que l'autorité du Métropolite de toutes les Russies croissait et se renforcait.
Le dernier Métropolite envoyé de Grèce fut Isidore, un grec, qui trahit l'orthodoxie et signa «l'Union» avec l'Eglise Romaine. Il fut moins un envoyé du Siège Patriarcale de Constantinople, qu'un prélat du pape EugèRien que le fait que l'évêque Jonas, élu à Moscou, pour le siège de Riazan ne fut pas sacré Métropolite à Constantinople, mais dut revenir à Moscou, en qualité de la suite du Métropolite Isidore, nouvellement investi fut non seulement un outrage pour le prince Basile II, mais pour toute l'Eglise Russe qui jusqu'alors avait eu plus d'une occasion de voir confirmer ses élections de Métropolites. Mais le principal et l'infranchissable obstacle à la reception du Mètropolite Isidore fut que l'on apprit quelque temps aprés la première venue d'Isidore à Moscou, en 1437, sa trahison de l'Orthodoxie. On sait, d'aprés de nombreux documents, qu'Isidore fut le principal personnage du Concile de Florence et un partisan zélé de l'«Union». On connaît sa signature sous l'acte de l'«Union»: «otepyãy nai co varvy úméypaça». C'est-à-dire, «consentant avec amour et approuvant, j'ai signé».
On peut imaginer la confusion et l'horreur du peuple orthodoxe russe, lorsqu'il entendit, le dimanche 19 mars 1441, dans la Cathédrale de l'Assomption, prier non pas pour le Patriarche de Constantinople, Joseph, mais pour le Pape de Rome Eugène, ainsi que la lecture, du haut de la chaire, de ¡'Edit du 8eme Concile et de l 'Acte de l'Union de l'Eglise Orthodoxe Russe avec l'Eglise Romaine.
Le prince réunit d'urgence un Concile à Moscou et écrivit au Patriarche de Constantinople, —Métrophane que l'arrivée d'Isidore et toute son oeuvre «avaient paru à tous nos pieux évêques, aux vénérables archimandrites, aux révérands hégoumènes et aux hiéromoines et moines, ainsi qu'à toute notre chrétienté orthodoxe, comme étant singulières et étrangères aux réglements divins et sacrés».
Isidore fut condamné, destitué par un Concile et enfermé au Monastère de Tchoudov, d'où il s'évada six mois plus tard et, passant par Tver et la Lithuanie, arriva chez le Pape. «Et, ainsi, dit le chroniqueur, il s'enfuit à Rome, d'où il avait apporté la semence de la mauvaise hérésie».
Quand parvint à Moscou la nouvelle que le successeur du Patriarche Joseph, Métrophane, et l'Empereur Jean Paléologue, malgré que l'«Union»
Ait été condamnée par la plupart du clergé et le peuple grec, étaient restes fidèles au promesses données au Pape au Concile de Florence, alors on prit à Moscou la résolution définitive d'élire un Métropolite national.
Et, en 1448, l'évêque de Riazan, Jonas, élu quelques années plus tôt par un Concile Russe, devient Métropolite de toutes les Russies.
Depuis sa nomination, commence une nouvelle période de l'indépendance totale de l'Eglise Russe de l'Eglise de Constantinople.
L'Eglise Russe a toujours saintement respecté, comme je l'ai déjà dit, son union avec l'Eglise Grecque, mais elle n'avait rien de plus cher qu'une foi intacte. Et ce n'est que dans l'indépendance totale de l'Eglice Grecque, qui était soumise en ce temps-là, à des doutes, comme cela fut prouvé par les rapports de Constantinople avec Rome à l'époque du Concile de Florence et par les événements ultérieurs en liaison avec la soumission de Constantinople au joug musulman, qu'elle voyait la possibilité de garder absolument intacte et pure sa foi orthodoxe.
De cette façon, la proclamation de l'autocéphalie en Russie, résulta du désir de la hiérarchie, du clergé et du peuple russes de garder intacte la foi, et est un témoignage de son amour ardent pour l'Eglise et de son zèle pour l'Orthodoxie.
Mais, plus tard aussi, après la proclamation de l'indépendance de l'Eglise Russe, les rapports de cette Eglise avec l'Eglise grecque ne furent pas rompus. Ces rapports trouvaient leur expression par la correspondance et dans les visites des évêques d'Orient à Moscou, ainsi que dans l'aide aux Eglises nécessiteuses d'Orient, et même, sous le tsar Ivan le Terrible, par le fait que celui-ci demanda et reçut du Patriarche la bénédiction pour sa dignité de tsar.
Les Patriarches Grecs ne rompirent pas leurs relations avec l'Eglise Russe; ils lui annonçaient les changements survenus dans le sein du Patriarcat et envoyaient à l'Eglise Russe des lettres et des messages, la plupart du temps, afin de la remercier pour ses bienfaits et pour lui demander une nouvelle aide.
Dans ces relations, maintenant indépendantes et fraternelles, on ne peut pas ne pas voir les traits de l'union sacrée des Eglises qui composent l'Unique et Sainte Eglise, Catholique et Apostolique. C'est de cette l'Union, dont parle St. Paul, dans son Epitre à l'Eglise d'Ephèse, en recommandant «de conserver l'unité de l'Esprit par le lien de la paix... par une seule espérance de vocation, un seul Seigneur, une seule toi, un seul baptême, un seul Dieu, et Père de tous... (Eph. IV, 3-6)».
Par ces mêmes traits, sont marqués actuellement encore l'unité et la com- .
Munion des Eglises composant l'Eglise Orthodoxe. Des Eglises éloignées par/la distance, étrangères entre elles, répondent avec confiance et espoir aux invitations des autres Eglises; elles prient ensemble, prennent à coeur les nécessités réciproques, tâchent de tendre la main l'une à l'autre pour porter secours et montrer un intérêt aux nécessités de l'Eglise-Soeur.
Nous confessons les desseins de Dieu, qui sont mystérieux, mais qui sont bons et providentiels pour la destinée de l'Eglise Russe, qui commémore aujourd'hui le 500ème Anniversaire de son indépendance, et nous nous réjouissons de ce qu'à cette fête prennent également part les autres Eglises orthodoxes en la personne de leur Chefs respectifs venus à cette occasion, et de ceux qui les accompagnent.
Nous regrettons que les pieux Chefs des anciennes et grandes Eglises d'Orient, en raison de tristes circonstances, les ayant prives de liberte de déplacement et d'action et dont sont affligés leurs pays respectifs n'aient pu se joindre à nous pour être nos Hôtes bienvenus, comme ce fut le cas en 1945.
En saluant, au nom de l'Eglise Orthodoxe Russe, nos bien chers Hôtes— les Saints Patriarches et les Eminentissimes Métropolites, ainsi que les évéques et les autres personnalités ecclésiastiques et laiques qui les accompagnent, de même que nos Eminentissimes Exarques, nos évêques et nos prêtres qui accomplissent leur ministère au delà des frontières de notre Patrie, je me rejouis de notre réunion actuelle, qui est'une réunion fraternelle et de prière et j'exprime le ferme espoir que cette réunion nous liera encore plus étroitement, de même que nos Eglises.
Mais, à côté du spectacle consolant de cette communion spirituelle existant entre nos Eglises, nous devons constater également de bien tristes En effet, le fait même de cette Conférence des Eglises orthodoxes à laquelle sont venus de différentes contrées nos coreligionnaires; le fait du désir qu'a l'Eglise Russe d'avoir les rapports les plus étroits et les plus fraternels avec les autres Eglises Orthodoxes, aussi bien avec les anciens Patriarcats d'Orient qu'avec les Eglises Serbe, Roumaine et Bulgare, et qui s'est traduit par ma visite de ces Eglises et la visite de nos délégations qui y ont été envoyées; enfin nos efforts pour rétablir l'unité qui a été rompue, —sans qu'il y eût de notre faute, —avec les parties dissidentes de l'Eglise Russe; d'aucuns sont enclins à voir dans tout cela notre désir de soumettre nos Eglises-Soeurs à l'influence, à la direction et à la domination de l'Eglise Russe.
Si l'on ne doit pas s'étonner de ce que les ennemis de l'orthodoxie, d'une part, et les ennemis du Peuple Russe, de l'autre, s'exercent à inventer des mensonges à notre sujet et au sujet de l'Eglise Russe, il est pour le moins étonnant que ceux qui travaillent activement pour le bien de l'Eglise et qui sont bien intentionnés à notre égard, tombent sous l'influence de ces inventions malsaines et mensongères. En agissant ainsi, on dirait qu'ils ferment délibérément les yeux sur le caractère tendencieux et mensonger de la presse européenne et américaine où prennent naissance de pareilles inventions.
L'Eglise Russe reste immuablement fidèle aux principes qui lui ont été transmis par ses ancêtres: garder strictement l'Orthodoxie, éduquer ses fidèles dans un esprit de dévouement aux règlements et aux statuts de l'Eglise, éviter toute influence étrangère à l'Eglise.
C'est pourquoi il ne peut y avoir aucun doute que l'Eglise Russe, dans quelque circonstance que ce soit, n'essayera jamais d'agir en maître dans aucune contrée étrangère, même et celle-ci lui est fraternellement proche.
Remercions Dieu, qui nous accorde la joie de cette rencontre. Profitonsen pour le bien de nos Eglises, pour le bien de l'Eglise Orthodoxe qui est Une. Restons fermes dans notre confession et que les embuches des ennemis • de la paix n'ébranlent jamais notre paix.
Que le Seigneur daigne nous accorder de célébrer en paix et dans ia joie spirituelle, ainsi que dans une communion fraternelle, notre solennité religieuse, à la gloire de Dieu et de Sa Sainte Eglise.
Discours
Prononcé par le Président du Conseil pour les affaires de l'Eglise Orthodoxe Russe, auprés du Conseil des Ministres de l'URSS G. G.
Karpov
A la séance solennelle commémorative du 500ème anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, dans la cathédrale de la Résurrection de Sokolniki, à Moscou Le 8 Juillet 1948 Vénérables Hiérarques et Prêtres!
Permettez-moi, au nom du Gouvernement de Union Soviétique, de saluer la Haute Assemblée ci-présente, convoquée à l'occasion de la Commémoration du 500ème Anniversaire de l'existence autocéphale de l'Eglise Orthodoxe Russe.
Le Gouvernement m'a chargé également de transmettre ses salutations et ses meilleurs voeux aux vénérables Chefs des Eglises autocéphales et à leurs respectables compagnons de voyage venus de différents pays pour assister aux solennites de l'Eglise Orthodoxe Russe et aux peuples des pays respectifs dont les Eglises sont représentées au présent jubilé.
Informé par le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, du désir de l'Eglise Orthodoxe Russe de commémorer le 500eme Anniversaire de son Autocéphalie, par des solennités religieuses et inviter à y participer toutes les autres Eglises orthodoxes, le Gouvernement de l'Union Soviétique a favorablement accueilli ce voeu et a fourni toutes les possibilites pour sa réalisation sans difficultes.
Il y a 30 ans, dans l'Union Soviétique, l'Eglise, par la volonté du peuple, a été séparée de l'Etat, et jouit maintenant d'une entière liberté dans sa vie intérieure. Les rapports établis entre l'Eglise et l'Etat-sont tout à fait normaux, grâce à la non-immiscion de l'Eglise dans l'activité politique de l'Etat et, d'autre part, grâce à la non-immiscion de l'Etat dans l'activité intérieure de l'Eglise.
Une large représentation des Eglises Orthodoxes du monde aux solennités religieuses actuelles est un événement remarquable non seulement pour l'Eglise Russe, mais aussi pour toute l'Eglise Orthodoxe Universelle.
Il est vrai que les Chefs de certaines anciennes Eglises grecques, les uns pour des raisons ne dépendant pas de leur volonté, par suite d'événements extraordinaires en Palestine et les autres, pour des considérations d'ordre étranger à l'Eglise-ne sont pas venus assister à ces solennités.
Cependant, la présence des Chefs et des délégations de la plupart des Egli ses Orthodoxes autocéphales, représentant la majorité des fidèles orthodoxes du monde, autorise à parler d'une digne représetantion de l'Orthodoxie Universelle aux solennités de l'Eglise Orthodoxe Russe.
L'Eglise Orthodoxe Universelle, bâtie à la différence des autres groupements confessionnels, sur des principes de so bornost se compose d'Eg-
Lises indépendantes autocéphales nationales qui tout au cours de leur histoire défendaient avec rigueur leur indépendance religieuse et nationale.
Parmi les Eglises Orthodoxes représentées à cette Haute Assemblée se trouvent celles de tous les pays dont les peuples selon leur propre volonté librement manifestée, ont établi un nouvel ordre social et politique leur assurant un rapide développement matériel et spirituel.
Il est reconfortant de remarquer que les Eglises Orthodoxes dans tous ces pays soutiennent ce nouvel ordre, ne cédant pas aux différentes tentatives venant de l'extérieur en vue d'ébranler la position qu'ils occupent.
De nos jours, alors que le monde est divisé en deux camps, on peut dire avec juste raison que c'est seulement en URSS et dans les pays de la nouvelle démocratie, où l'Eglise n'est pas gênée par l'Etat, qu'elle peut librement organiser sa vie à l'intérieur du pays et avoir des relations avec les Eglises du dehors.
Permettez-moi d'exprimer le sonhait et l'assurance que la présente Conférence, consacrée aux solennités de l'Eglise Orthodoxe Russe, serve au développement et à l'affermissement ultérieur des relations amicales entre les Eglises Orthodoxes du monde.
Le Texte Du Télégramme
Au Président Du Conseil Des Ministres De I'u.r.s.s. Le Cénéralissime Joseph Staline
Envoyé le jour de l'ouverture solennelle des Fêtes Commémoratives du 500 eme Anniversaire de 1'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, Le 8 Juillet 1948 Au Président du Conseil des Ministres de l'U.R.S.S. le Généralissime Joseph Staline.
En ce jour mémorable de l'ouverture solennelle des fêtes religieuses à l'occasion du cinqcentenaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, je Vous adresse, très vénéré Joseph Vissarionovitch et au Gouvernement que vous présidez au nom de l'Eglise Russe et en celui des Hautes Délégations envoyées à ces solennités par les Eglises de Constantinople, d'Antioche, de Georgie, de Serbie, de Roumanie, de Bulgarie, d'Hellade, de Pologne, d'Albanie et d'Arménie, nos salutations cordiales et nos voeux les plus chaleureux de longues années de santé et de succès continus dans votre grande oeuvre pour le bien des peuples de l'Union Soviétique et pour la paix de tous les peuples du monde.
Alexis, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies
Discours
Prononcé par S. S. le Patriarche
Alexis
À l'ouverture de la séance inaugurale de la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes authocéphales, dans la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou Le 9 Juillet 1948.
Mes Vénérables Seigneurs les Hiérarques, mes Pères et mes Enfants des Eglises orthodoxes du monde entier!
Au nom du Saint Synode de l'Eglise Orthodoxe Russe, au nom de tout Son Episcopat, au nom de toute l'Eglise Orthodoxe Russe, c'est avec joie que nous vous saluons ici, au coeur de la Russie orthodoxe, dans notre capitale Moscou.
Votre coeur fraternel doit sentir lui-même toute la douceur spirituelle d'une rencontre, si rare jusqu'à ce jour, d'Hiérarques appartenant à des peuples qui sont étrangers entre eux, le sang et la langue, mais qui sont apparentés et unis dans la foi, l'espérance et l'amour en notre Seigneur Jésus Christ.
Nous regrettons l'absence forcée, à cause de malheureses circonstances militaires et politiques de nos Vénérables Confrères les chefs des Eglises d'Alexandrie et de Jérusalem. Mais nous sommes persuadés de leur présence spirituelle parmi nous en ces Saintes Journées. Et nous souhaitons les voir au plus tôt délivrés de ces pénibles liens et les convaincre de notre sincère sympathie et de notre amour pour eux en notre Seigneur.
Vénérables Pères et Frères, en vérité «La grâce du Saint Esprit nous a réunis aujourd'hui!»-et qu'elle ne nous abandonne pas pendant toutes ces lournees de notre vie en commun!
Vous sommes persuad és de ce que nous nous sommes réunis ici pour confirmer et annoncer la paix, l'amour et la concorde en tre nous et nous souhaitons de tout coeur que ces bons sentiments soient partagés par tous ceux qui confessent notre foi orthodoxe et profitent des dons spirituels qu'elle accorde à ses fils. Et nos coeurs sont remplis de joie, parce qu'ils ne Vibrent que pour le bien de l'Orthodoxie et de tout l'Univers Chrétien!
Cette joie d'être ensemble est d'autant plus grande que nous sommes sûrs, qu'avec l'aidede Dieu, nous résoudrons d'un commun accord et pour le bien de l'Eglise, les problèmes que lui pose la vie.
Quels sont ces problèmes qui jusqu'à présent n'ont pas réclamè pas avec autant d'insistance d'être résolue et qui, à l'heure actuelle, se présentent à l'Eglise Orthodoxe avec toute leur ampleur?
Premièrement, tous nous sentons, chacun dans les limites de son Eglise locale, la manifestation d'une activité particulière de la part du Vatican. Par la voie d'intrigues politiques et exclusivement par des moyens temporels, la Papauté fait tout son possible afin de compromettre tout l'union qui règne au sein de l'Eglise Orthodoxe. Âu lieu d'une prédication religieuse, pacifique dans l'esprit du Christ, la Papauté mène une propagande hostile avec l'aide de ses innombrables ramifications, et se servant à cet effet d'informations volontairement mensongères, ou tendancieuses au sujet de la situation des Eglises Orthodoxes. Outre cette activitè qui n'est ni morale, ni religieuse, elle essaye, en agissant par la force de détacher les populations orthodoxes de leur foi ancestrale. Il y a eu surtout beaucoup de cas de violence de ce genre dans la malheureuse Eglise Serbe pendant l'occupation allemande. Cet aveuglement de la Papauté peut paraître étonnant. Peut-elle estimer que cette acquisition de fidèles, obtenue par un moyen aussi indigne du. Christianisme, puisse plaîre au Christ?
N'émettant pas le vouloir d'une union fraternelle en Christ, la Papauté prépare un terrain propice au germe des semences de l'athéisme.
Les vraies missions, la prédication de la pure doctrine enseignée par les Apôtres, se réduisent à la propagande d'idées papistes, qui n'ont rien de chrétien et deviennent dignes d'être qualifiées d'«agression de la Papauté»... N'est-ce pas un scandale aux yeux de tous les Chrétiens? Cela ne rentorce-t-il pas la propagation de l'athéisme dans le monde?
C'est pour cela que se posent à nous toutes les questions qui nous inquiètent au sujet de tous les fidèles chrétiens: comment et par quels moyens, nous, Orthodoxes, pouvons-nous, avec l'aide de Dieu, agir sur l'Eglise Romaine, afin de lui ôter son aveuglement moral et de l'appeler à abandonner ses moyens temporels de propagande et ses intrigues politiques?
Notre Seigneur Jésus Christ ne recourait qu'à la prédication pacitique pour faire connaître la Révélation Divine et n'usait de recours paroles de courroux que pour accuser l'hypocrisie: Que les héritiers du Siège Apostoliques de Rome ne se dévient pas de cette voie!
Le Christ ne s'est pas laissé tenter par le Diable dans le désert et ne conclut aucun accord ni avec Hérode, ni avec Pilate. Que les gardiens apostoliques de l'Eglise du Christ à Rome abandonnent cette façon d'agir!
Le Christ, dans Sa prière sacerdotale pour ses disciples, invoquait Son Père: «Père Saint! garde-les en Ton nom ... afin qu'ils soient Un ...»
(Jean, XVII, I1). Et notre premier devoir épiscopal est de tâcher de garder notre unité. Et le Christ dit à ses disciples: «que celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fasse votre serviteur, et que celui qui voudra être le premier parmi vous, se fasse votre esclave». (Matth XXI 26—27). Que le Seigneur ouvre les yeux de l'âme des Pontifes Romains, et qu'ils acquièrent avec l'aide de Dieu la force de l'Esprit, pour refu— ser le désir orgueilleux d'établir leur domination temporelle parmi tous les héritiers des Apôtres!
Oh! si le Seigneur daignait nous accorder de voir le jour glorieux de l'union des Evêques qui sont égaux en droits et frères entre eux, des deux Eglises du Christ!... Cela aurait servi de commencement à la paix dans le monde entier et de terme à d'honteuses utilisations du christianisme par les maîtres avides des ténèbres de ce siècle dans le but d'attiser la flamme de la guerre.
Ceci est le premier problème.
Ensuite: Tous nous sommes en relations fraternelles avec l'Eglise Anglicane. Il n'y a pas longtemps encore, nous avons eu des conversations amicales personnelles avec ses Pasteurs au sujet du rapprochement de nos Eglises et au sujet de la reconnaissance de l'Eglise Anglicane par l'Eglise Orthodoxe.
L'extérieur de la Cathédrale de la Résurrection de Sokolniki, à Moscou.
J. d. P. d. M. Numéro spécial.
Il y a seulement un an que l'Eglise Orthodoxe Russe a reçu de Sa Grâce, l'Archevêque de Canterbury une lettre lui demandant d'examiner la question de la reconnaissance de la validité des ordinations dans l'Eglise Anglicane. En même temps, Sa lettre annonça que ces ordinations sont reconnues séparément par chacun des Patriarches orthodoxes suivants: ceux de Constantinople, d'Alexandrie, de Jérusalem et de Roumanie. Plus tard, nous avons apprises la reconnaissance, à titre privé, des ordinations anglicanes également par l'Eglise Orthodoxe de Bulgarie. Ne possédant que peu de documents au sujet de cette reconnaissance, nous n'y avons pas vu d'arguments concluants du point de vue dogmatique, canonique et historico-ecclésiologique au profit de la reconnaissance en question. En raison de la difficulté de cette question et de l'absence d'unité dans sa compréhension formulée par l'ensemble des Eglises Orthodoxes locales, nous avons décidé, dans le but de garder le respect dû à notre confrère en Christ, l'Archevêque de Canterbury, de demander à l'ensemble de nos évêques de résoudre fraternellement cette question.
La façon dont comprend cette question l'Eglise Orthodoxe Russe est exposée dans le rapport de l'un des professeurs de l'Académie de Théologie de Moscou.
Il est compréhensible que cette question soit extrêmement compliquée.
Surtout, si on prend en considération le fait que le Pouvoir Suprême laic: le roi d'Angleterre est en même temps le Chef de l'Eglise Anglicane et sans l'assentiment duquel aucun des 39 articles de la «confession de foi»
Anglicane ne peut être changé et que nos pourparlers et même nos accords èventuels, conclus avec le clergé anglican ne pourront porter qu'un caractère préalable.
C'est la deuxième question qui doit être résolue à notre Conférence.
Passons à la question du calendrier. D'une part nous possédons des prescriptions canoniques formelles, précisément au sujet du Canon Pascal, de l'autre, les données plus récentes de la science astronomique. La difficulté de cette question au sujet du nouveau et de l'ancien style dans le calendrier de l'Eglise oblige la nôtre à souhaiter ici également une décision commune inspirée d'en Haut, pour que nous gardions l'unité intérieure de notre conscience orthodoxe commune.
C'est la troisième question qui attend d'être résolue.
Il nous reste encore à entamer l'examen d'une question qui n'est pas plus simple, au sujet du mouvement qu'on appelle «Le Mouve ment oecuménique». Les représentants de certaines Eglises ont pris les dernières annees une part très active à ce mouvement et, certainion bien be, peutonte aux te prit de à eux smet et coperésultat de son activité. L'Eglise Orthodoxe Russe n'a pu apprendre à le connaître que par des publications et des rapports ecrits. Mais si tous nous sommes persuadés seulement de la vérité absolue, de l'Orthodoxie, alors après l'examen des exposés présentés à la Conférence, nous ne pourrons ne pas en arriver à une même décision au sujet de l'attitude de l'Eglise Orthodoxe envers ce mouvement.
Le Mouvement Oecuménique, c'est-à-dire le mouvement universel pour l'union de toutes les Eglises, est presque centenaire. De meilleures espérances des chrétiens de toutes les Eglises sont contenues dans son admirable idée.
L'Eglise Orthodoxe prie pour la réalisation de cet espoir. La question de savoir s'il faut tâcher de réaliser cette idée dans la vie peut-elle se poser par ellemême si sa réalisation est tant désirable? Certainement pas, devons nous répondre, car tous nous désirons être unis en Christ.
Mais pourquoi sommes-nous aujourd'hui obligés de poser à nouveau la question de l'attitude de l'Eglise Orthodoxe envers le mouvement oecuménique, dans son cours actuel? Parce que l'année 1937, après les Conférences
D'Edinbourg et d'Oxford, est devenue l'année où le mouvement oecuménique a fait un tournant décisif en s'éloignant de l'Eglise en tant que telle, et en déterminant l'importance de cette dernière en comparaison avec des notions qui n'ont rien de commun avec elle, telles que l'Etat, la société, etc.
Une Eglise organisee selon le plan oecumenique serait menacée par le fait d'être plus prés de la terre que ciel.
L'Assemblée de 1948 n'aura aucune question dogmatique à résoudre.
En particulier, il n'est indiqué au programme officiel de l'Assemblée aucun exposé de l'Eglise Orthodoxe, en tant que telle. Sur toutes les questions il est promis une entière liberté de compréhension et d'agrément ou de refus. Mais la résolution de la question relative de la ratification de la Constitution du Conseil Universel des Eglises, artificiellement créé est déjà décidé d'avance et ne sera plus préexaminée. L'Eglise Orthodoxe n'estime pas nécessaire de créer une union administrative des Eglises locales elles-mêmes. Pourquoi participera-t-elle donc à l'union administrative d'organisations chrétiennes qui ont des opinions différentes et cette participation ne signifierat-elle pas que nous serions prêts à sacrifier le trésor de notre foi au nom de quelque union illusoire et fausse?
Et puis, quelle place pourraient occuper les Slaves orthodoxes dans cette société? En tous cas, pas celle qui répondrait à leur importance. En effet, à l'Assemblée d'Amsterdam, il n'y aura que trois langues officielles: le français, l'anglais et l'allemand, mais aucune langue slave.
Comment définirons-nous notre attitude envers le Mouvement oecuménique actuel? L'Eglise Orthodoxe a un précédent de résolution positive de cette question à la Conférence de Vatopède en 1930, où les représentants de l'Eglise Orthodoxe Russe furent absents. Les théologiens orthodoxes, au Congrès d'Athènes, en 1936 décidèrent de soutenir entièrement le Mouvement Oecuménique. Mais tout cela s'est passé avant 1937, année de fusion des deux branches du Mouvement: «La Foi et l'Ordre» et «La Vie et la discipline de l'Eglise» avec l'effondrement définitif de la première branche à la Conférence d'Utrecht en 1938. C'est pourquoi cette question doit être réexaminée.
L'essai de ce réexamen est entrepris dans notre exposé. On y a pris en considération les comptes-rendus et les décisions des deux Conférences, les opinions des autres Eglises, les impressions des membres des Conférences et on y a fait une analyse critique d'une certaine partie de tous ces documents. L'exposé montre que l'Oecuménisme a répondu par l'ingratitude à l'aimable soutien du Congrès d'Athènes et n'a pris en considération aucune proposition des orthodoxes. L'ordre du jour de l'Assemblée d'Amsterdam n'est pas fort chargé.
La question principale est la ratification de la Constitution du Conseil Universel des Eglises. C'est par cela que l'idéal temporel d'une domination universelle se prépare à la resurrection. On construit un nouveau temple, au toit élevé et à la pancarte orgueilleuse: «Conseil Universel des Eglises».
Dans le souci qu'elle prend de tous les fidèles chrétiens du monde, notre Eglise Orthodoxe doit prendre sur elle la charge de tenter de les sauver de la déviation du vrai chemin qui conduit au Royaume de Dieu. A notre Conférence fraternelle actuelle, nous ne devons pas nous borner à répondre brièvement aux questions que nous posent les autres Eglises; il faut que nous fassions une déclaration solennelle de notre foi. Jusqu'à présent, la plupart des chrétiens ignorent la vérité sur l'Orthodoxie. Que ferons-nous pour satisfaire le commandement du Christ: «Allez et enseignez tous les peuples?...» Que tous ceux qui confessent le Christ apprennent qu'il y a dans le monde une Eglise Orthodoxe qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique conduisant aux portes du Royaume de Dieu et qui possède en abondance toute la plénitude des dons du Saint Esprit. Que tout l'Univers Chrétien sache que l'Eglise orthodoxe tend à la vraie union pour obtenir la paix sur la terre et la prospérité de tous les peuples, répondant à l'appel du Christ à tous ceux qui sont fatigués et chargés.
Que toute âme chrétienne apprenne toute la défense invincible de l'Eglise, toute la plénitude de la Grâce accordée par les Saints Sacrements, toute la sagesse de la tradition patristique et toute la force de la Grâce Divine résidant immuablement dans l'Eglise.
Que le Saint Esprit nous assiste, surtout en ces jours de notre rencontre dans la prière et le travail, nous accordant en abondance les dons de Sa grâce.
Et que triomphe le réel et l'authentique principe des Commandements du Christ au genre humain: l'amour réciproque!
Decisions
Prises Par La Conférence
Des Chefs Et Des Représentants
Des Églises Orthodoxes Autocéphales
Ayant Eu Lieu À Moscou
Du 8 au 17 JUILLET 1948
Résolution Relative A La Question:
«le Vatican Et L'eglise Orthodoxe»
La Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises orthodoxes autocéphales, ayant pris connaissance des exposés suivants: «La Papauté et l'Eglise orthodoxe», «L'attitude du Vatican à l'égard des Eglises orthodoxes slaves, pendant ces trente dernières années», «Le Vatican et l'Eglise Orthodoxe».
Et «L'Eglise Romaine et l'unité de l'Eglise du Christ), en est venue à conclure que la Cure Romaine, ayant à sa tête l'Evêque de Rome, pendant de longs siècles, comme l'ont êcrit autrefois les Pères du Concile d'Afrique au Pape Célestin, sous linfluence «de l'arrogance séculière, pleine de fumée» et pour d'autres raisons purement humaines, a dénaturé la vraie doctrine de l'Evangile, reçue du Seigneur par l'intermédiaire des Saints Apôtres, ces «trompettes du St. Esprit» (ler Canon du VIlème Concile Oecuménique). Dédaignant l'ordre formel des Pères du VIème Concile oecuménique, «de garder la foi que nous avons reçue de témoins oculaires et des serviteurs du Verbe, les apôtres élus par Dieu, intacte des innovations» (ler Canon du VIe Concile Oecuménique; comp. le lèr Canon du VIlème Concile Oecuménique), les Evêques Romains ont violé la pureté de la doctrine de l'Orthodoxie Antique et Universelle, par des dogmes nouvellement introduits sur le «Filioque» et l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu et, surtout, par la doctrine qui est tout à fait antichrétienne sur l'autorité du Pape dans l'Eglise et sur son infaillibilité.
Par suite de cette innovation antichrétienne, les Evêques de Rome ont causé un tort énorme à l'unité de l'Eglise Universelle du Christ et, en général, à l'oeuvre du salut des hommes sur la terre.
Les Pères du VIème Concile Oecuménique (1er Canon du VIème Concile Oecuménique) prévoyant le tort énorme que peuvent causer à l'Eglise des innovations dogmatiques-«Ont résolu formellement de n'ajouter quoique ce soit, ni de soustraire», aux dogmes sacrés, qui ont été proclamés aux six Conciles oecuméniques (comp. le ler Canon du VIlème Concile Oecuménique). C'est pourquoi, ce n'est pas nous, mais ce sont les pieuses bouches des Pères des Conciles oecuméniques qui prononcent actuellement la condamnation de la papauté de Rome pout tous les dogmes romains, nouvellement proclamés.
Car ces dogmes sont des inventions purement humaines, qui ne sont fondées ni sur les Saintes Ecritures, ni sur la Sainte Tradition, ni sur la littérature patristique, ni même sur l'histoire de l'Eglise.
Notre présente décision qui condamne la Papauté, n'est pas accidentelle, mais elle découle des principes les plus fondamentaux de l'Orthodoxie Anti- que et Universelle, exprimés dans le Canon bien connu de Vincent de Lirins: «Id teneamus quod semper, quod ubique, quod ad omnibus creditum est›— «Nous gardons ce en quoi tous ont cru toujours et partout».
Notre décision n'est pas une chose nouvelle, la confession des Patriarches d'Orient. En 1723, ils écrivaient: «Aux éminents Archevêques et évêques de Grande-Bretagne» «Nos. dogmes et
La doctrine de l'Eglise d'Orient ont été examinés depuis longtemps, définis exactement et pieusement ratifiés par les Saints Conciles Oecuméniques.
Il n'est pas permis d'y ajouter ou d'en soustraire quoique ce soit».
(Lettre des Patriarches de l'Eglise Catholique d'Orient au sujet de la Foi Orthodoxe»).
Dans leur Epître régionale à l'occasion de l'encyclique du Pape Léon XIII sur l'Union des Eglises (1894) les Patriarches d'Orient confirment encore plus nettement leur fidélité aux traditions de l'Eglise Orthodoxe Universelle. «Et nous transmettrons la Foi sacrée aux générations à venir, que nous avons reçue sans aucun changement, afin qu'eux aussi, comme nous, puissent parler sans honte, et sans reproche de la foi de leurs ancêtres».
L'oubli par le Vatican des traditions de l'Orthodoxie Oecuménique a conduit la barque de l'Eglise Catholique Romaine dans l'ambiance du papisme antichrétien et étranger à l'Eglise du Christ.
Comme il est connu, l'essence du papisme s'exprime non pas seulement dans l'altération de l'authentique Orthodoxie Oecuménique en y apportant de tels dogmes nouvellement créés, comme l'enseignement sur la Suprématie du Pape dans l'Eglise et son infaillibilité. Toute l'histoire du papisme clame devant la Justice Divine pour la déformation papiste de l'enseignement du Nouveau Testament sur l'Eglise du Christ. Du corps mystique du Christ, de «la colonne et l'appui de la Vérité», «L'Eglise de Dieu Vivant» (I Tim, 3, 15) est transformée par les papistes en une organisation temporelle et politique. Au cours de longs siécles et jusqu'à jours le papisme par les guerres sanglantes et toutes sortes de violences, s'appliquait à convertir les orthodoxes au catholicisme soit directement, soit par «L'union». Par exemple, comme ce fut le cas des Roumains en Transylvanie en 1700, des Bulgares en Turquie en 1859-60, et au cours de la dernière guerre-des 340.000 Serbes, Albanais et Croates, ainsi qu'en Tchécoslovaquie, Pologne, Ukraine, et Russie Blanche.
Pour les évêques de Rome ces rois de l'Etat temporel («patrimonium Sancti Petri») la politique était toujours «suprema lex». Ils étaint toujours du côté des puissants de «ce monde» et allaient contre les faibles et les exploités. De même que maintenant-l'activité du Vatican est dirigée contre les intérêts des travailleurs. Le Vatican, c'est le centre des intrigues internationales contre les intérêts des peuples, surtout des peuples Slaves, le centre du fachisme international. L'essentiel de la morale chrétienne est l'appel de notre Sauveur à la charite (Jean, XIII, 34-35), tandis que le Vatican est, au contraire l'un des instigateurs de deux guerres impérialistes et prend actuellement une part très active à l'instigation d'une nouvelle guerre et, en général, à la lutte politique contre la démocratie mondiale.
Fidèles aux traditions de leurs prédécesseurs, de même les Papes des XIXème et XXème siècles, se sont adonnés à un tel point aux tendances séculière, qu'ils ne se gênent plus de se présenter devant l'opinion publique du Monde Chrétien, en qualité d'hommes politiques.
Même les écrivains catholiques qui sont les partisans acharnés de la grandeur des Papes, disent de Pie XII qu'il est un diplomate très adroit et l'appellent «le Pape politique» (Gabriel Louis Jarain. «S. S. Pie XII. Epitre au monde en temps de guerre». Paris, 1945).
Par conséquent, la vertu du «vicaire infaillible de Dieu sur la terre», le Pape Pie XII est aux yeux de ses admirateurs, son activité politique, c'est-à-dire, sa participation à l'instigation des guerres fratricides, sa lutte contre la démocratie et sa défense du fascisme.
Tout l'Univers Chrétien et tous les vrais fidèles catholiques doivent comprendre dans quel gouffre les mène la papauté actuelle.
Tous les chrétiens, sans égard à leur nationalité ou à leur confession,
Chretienne, a pas moratigue et aela latolitique du Vatican, comme antichrétienne, Nous prions avec ferveur le Pontife Suprême, notre Seigneur Jésus Christ, afin qu'Il éclaire par la lumière de Sa Doctrine divine la hiérarchie catholique et l'aide à comprendre dans quel gouffre de péchés ils sont tombes, dans quel gouffre ils ont fait tomber l'Eglise d'Occident en inventant une nouvelle doctrine sur la Suprématie et l'infaillibilité du Pape ainsi qu'en profitant de l'Eglise dans l'intérêt de la lutte politique.
- Alexis, par la Grâce de Dieu, Patriarche de Moscou et de toutes les Rus- * Callistrate Patriarche-Catholicos de toute la Géorgie.
AEM le Patriarche de Serbie Gabriel.
Justinien, Par la Grâce de Dieu, Patriarche de Roumanie.
Stéphane, Exarque de Bulgarie.
Au nom de l'Eglise d'Antioche: Le Métropolite d'Emèse Alexandre.
Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise d'Alexandrie*: Le Métropolite d'Emèse Alexandre.
Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe Autocéphale de Pologne: + Timothée, archevêque de Belostok et de Béla.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe d'Albanie: + L'évêque de Kortcha Palssy.
- L'Exarque du Patriarche de Moscou Tchécoslo va quie Eleuthère, archevêque de Prague et de Tchéquie.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
- Sa Béatitude le Patriarche Christophe a fait-représenté l'Eglise d'Alexandrie par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
Résolution Relative À La Question «de La Validité
Des Ordinations Anglicanes»
Après avoir entendu les exposés au Sujet de «la Hiérarchie anglicane», la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes Auto- céphales, avec un sentiments de bienveillance chrétienne et d'affection pater- nelle à l'égard des chrétiens anglicans, dans leurs recherches de la voie vers la reconnaissance de la Validité de la Hiérarchie Anglicane, décide: 1º.—La doctrine contenue dans les «39 articles» de l'Eglise Anglicane dif- fère radicalement des dogmes, de la doctrine et de la tradition conféssés par l'Eglise Orthodoxe. Mais pourtant la solution de la question relative à la reconnaissance de la validité de la Hiérarchie Anglicane doit avoir avant tout, à sa base un enseignement sur les Sacrements concordant avec l'Orthodoxie.
Des consentements à la modification de l'enseignements de ces «articles»
Sur les Sacrements le rapprochant de l'Orthodoxie et exprimés à titre privé par la Hiérarchie Anglicane ne peuvent servir de base à la solution de la question dans le sens positif. C'est pourquoi si l'Eglise Orthodoxe ne peut consentir à la reconnaissance de la regularité de l'enseignement anglican sur les Sacrements en général et celui du sacerdose, en particulier, de même Elle ne pourra donc pas, non plus, reconnaître valides les ordinations anglicanes déjà accomplis. Si les Eglises de Constantinople, de Jérusalem, de Chypre, de Roumanie et d'autres Eglises autocéphales ont donné leur avis favorable à la reconnaissance de la validité des ordinations anglicanes, —nous savons que cette reconnaissance a été conditionnelle.
2°.—La question concernant la reconnaissance de la validité de la Hiérarchie Anglicane ne peut être considérée qu'en corrélation avec la question de l'unité de la foi et de confession avec l'Eglise Orthodoxe, laquelle unité serait constatée par un acte faisant autorité et que l'on ne possède pas encore et émanant d'un Concile, ou d'une Conférence du clergé anglican et qui serait homologué ultérieurement par le Chef de l'Eglise Anglicane. En rapport avec ce qui précède nous formons le voeu que l'Eglise Anglicane modifie sa doctrine du point de vue dogmatique, canonique et ecclésiologique et, en particulier, sa conception 1, des Sactements, et plus spécialement, de celui de l'Ordre.
3º.—En considérant avec toute attention et sympathie le mouvement qui se manifeste parmi de nombreux représentants de l'anglicanisme et qui tend au rétablissement des relations et de la communion des croyants de l'Eglise Anglicane avec l'Eglise Univeres|le, nous statuons que la Hierarchie Anglicane contemporaine pourrait obtenir de l'Eglise Orthodoxe la reconnaissance de la validité de son sacerdoce si entre les Eglises Orthodoxes et Anglicane était préalablement établie et expressement formulée (comme il est dit plus haut) l'unité de foi et de confession. A l'instauration de cette unité tant désirée la reconnaissance de la validité des ordinations anglicanes pourra être réalisée selon le principe de l'Iconomie par une décision de concile-quiest
Seule à avoir pour nous une autorité-de toute la Sainte Eglise Orthodoxe.
Nous prions que cela s'accomplisse selon l'inexprimable miséricorde Divine et que Dieu accorde l'esprit de l'amour et de la bienveillance incitant aux bonnes actions à la Gloire de Sa Sainte Eglise.
- Alexis, par la Grace de Dieu, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies.
Callistrate, Patriarche-Catholicos de toute la Géorgie.
AEM le Patriarche de Serbie Gabriel.
+- Justinien, par la Grâce de Dieu, Patriarche de Roumanie.
Au nom de l'Eglise d'Antioche. Le Métropolite d'Emèse Alexandre. Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise d'Alexandrie * Le Métropolite d'Emèse Alexandre. Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe Autocéphale de Pologne: + Timothée, archevêque de Belostok et de Béla.
Au nom de L'Eglise Orthodoxe d'Albanie: + L'évêque de Kortcha Paissy.
- L'Exarque du Patriatche de Moscou en Tchécoslovaquie Eleuthère.
Archevêque de Prague et de Tchéquie.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
- Sa Béatitude le Patriarche Christophe a fait représenté l'Eglise d'Alexandrie par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
Résolution Relalve A La Question
«du Calendrier De L'église»
Désirant garder l'unité de toute l'Eglise, la Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales à Moscou, a soumis à un nouvel examen la question du calendrier et en est venue à conclure que l'importance du calendrier pour l'Eglise Orthodoxe se définit surtout par le fait qu il se rapporte à la célébration de Pâques, car cette fête doit être basée sur les lois bibliques en accord avec les décisions des Conciles et célébrée par tout a la même date, un dimanche, mais pas en même temps que la pâque juive. Le Canon Pascal d'Alexandrie satisfait pleinement cette exigence de l'Eglise.
Pour écarter les particularités dans la question de la célébration de 3) Jusqu'au moment où sera élaboré et reconnu un calendrier le plus perfectionné, la Conférence estime que pour les fêtes stables, chaque Eglise autocéphale peut user du calendrier qui est actuellement employé dans cette Eglise.
La Conférence estime obligatoire pour le clergé et les fidèles de suivre le style de l'Eglise locale, sur le territoire de laquelle ils habitent, comme l'une des coutumes de cette Eglise, dont l'observance, au nom de l'union et de l'amour, nous est recommandée par les Saints Canons.
Alexis, par la Grâce de Dieu, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies.
Callistrate, Patriarche - Catholicos de toute la Géorgie.
Jusi le papar ta Crace de Dieu, Patriarche de Roumanie.
Stéphane, Exarque de Bulgarie.
Au nom de l'Eglise d'Antioche: Le Métropolite d'Emèse Alexandre. Le Métropolite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise d'Alexandrie* Le Métropolite d'Emèse Alexandre. Le Métropolite du Liban Elie.
Au non de l'Eglise Orthodoxe Autocéphale de Pologne: + Timothée, archevêque de Belostok et de Béla.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe d'Albanie: + L'évêque de Kortcha Paissy + L'Exarque du Patriarche de Moscou en Tchecoslovaquie Eleuthère, archevêque de Prague et de Tchéquie.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
- Sa Béatitude le Patriarche Christophe a fait représenté l'Eglise d'Alexandrie par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
Résolution Relative À La Question «le Mouvement Oecu-
MÉNIQUE ET l'EGLISE ORTHODOXE»
Nous nous sommes mis d'accord qu'actuellement l'influence des autres confessions sur l'Eglise Orthodoxe provient au moins de deux côtés.
D'une part, les dirigeants de l'Eglise Catholique--Romaine dans la personne des Papes, soucieux de sauvegarder leur autorité temporelle, agissent comme s'ils avaient perdu tout sentiment de la foi salutaire en ce que les portes de l'Enfer ne prévaudront jamais sur l'Eglise du Christ. En mettant à profit leurs relations politiques avec les puissants de ce monde ils essaient de pousser l'Eglise Orthodoxe vers un accord avec eux. La Papauté tend vers ce but en créant toutes sortes d'organisations unionistes.
D'autre part, le Protestantisme dans toute sa variété et sa division en sectes, ayant perdu conscience de l'éternité et de l'immuabilité de l'idéal chrétien, dans son dédain orgueilleux des institutions apostoliques et patristiques, s'efforce de sortir sur la voie de l'opposition au Papisme Romain.
Le Protestantisme cherche un allié pour cette lutte dans la personne de l'Eglise Orthodoxe afin d'acquérir l'importance d'une force internationale. Là, aussi l'Orthodoxie devra encore subir une grande tentation, celle de s'éloigner de la recherche du Royaume de Dieu et de se mêler des affaires politiques, ce qu'est etranger aux buts de l'Eglise Orthodoxe.
Tel est le problême pratique du Mouvement Oecuménique pour ce jour.
Avec l'Orthodoxie, sont soumises à la même influence les Eglises Arméno Grégorienne, Syro-Jacobite, Abyssine, Copte, Syro-Chaldéenne qui n'entrent pas dans l'obédience de l'Eglise Catholique-Romaine, ainsi que l'Eglise Vieille-Catholique,—toutes si apparentées à l'Orthodoxie.
Considérant que: tels que les entend l'Eglise Orthodoxe.
B) L'orientation des efforts du Mouvement Oecuménique vers l'organisation de la Vie sociale et politique et la création d'une «Eglise Oecuménique», en tant qu'une force d'influence internationale, se présentent à nous comme une chute devant la tentation, déjà repoussee par le Christ dans le désert, Pour l'Eglise ce serait de se dévier des vraies voies que d'essayer d'attirer les âmes humaines dans les filets du Christ par les moyens qui ne sont pas chrétiens.
C) Le Mouvement Oecuménique, tel qu'il se manifeste par l'action du «Conseil Oecuménique des Eglises» actuel ne sert pas l'Eglise du Christ et a trop prématurément repoussé tout espoir d'une possibilité éventuelle de l'Union en l'Eglise-Une, Sainte, Catholique et Apostolique. La composition protestante, prédominant à la Conférence d'Edimbourg, en 1937, s'est empressée d'en finır, —ne fat-ce qu'en raison d'un échec déjà essuyé ou seu-
Lement en prévision de celui-ci,—avec les essais d'une union des Eglises, opérée par la Grâce Divine. Mû par le souci de sauvegarder son existence et en prenant le parti du moindr effort le Protestentisme s'est mis à la poursuite d'un unionisme factice sur le terrain social, économique et même politique.
Dans ses projets d'une action à venir le Mouvement Oecuménique se base sur la théorie de la création d'un nouvel appareil extérieur, d'une «Eglise Oecumenique» en tant qu'une institution dans l'Etat, liée d'une façon ou d'une autre à lui et jouissant d'une influence temporelle.
D) Pendant ces dernières années (depuis 1937, jusqu'en 1948) la question de l'Union des Eglises sur une base dogmatique et doctrinalen'est plus discutée. Il lui est accordé une importance pédagogique secondaire pour , générations à venir. De cette façon, le Mouvement Oecuménique actuel n'assume plus la tâche de l'Union des Eglises par des voies et des moyens spirituels.
Sible même aux démons (Jac. II, 19; Matth.
VIII, 29; Marc V, 7).
Constatant cette situation, notre Conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales, ayant invoqué dans ses prières l'assi- stance du Saint Esprit décide: de porter à la connaissnce du «Conseil Oecuménique des Eglises» en ré- ponse a son invitation que nous avons tous reçus à participer à l'Assemblée d'Amsterdam en qualité de ses membres que toutes les Eglises locales parti- cipant à la présente Conférence, sont obligées de refuser de participer au Mou- vement Oecuménique, dans son état actuel.
- Alexis, par la Grâce de Dieu, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies.
- Callistrate, Patriarche-Catholicos de toute la Géorgie.
- AEM le Patriarche de Serbie Gabriel.
- Steptare, Exarguce de Dieu, Patriarche de Roumanie.
Au nom de l'Eglise d'Antioche: Le Métropolite d'Emèse Alexandre. Le Métropolite du Liban, Elie.
Au nom de l'Eglise d'Alexandrie*: Le Métropolite d'Emèse Alexandre, Le Métro- • polite du Liban Elie.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe Autocéphale de Pologne + Timothée, archevêque de Belostok et de Béla.
Au nom de l'Eglise Orthodoxe d'Albanie: + L'évêque de Kortcha Paissy.
- L'Exarque du Patriarche de Moscou en Tchécoslovaquie Eleuthère, archevêque de Prague et de Tchéquie.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
- Sa Béatitude le Patriarche Christophe a fait représenté l'Eglise d'Alexandrie par la délégation de l'Eglise d'Antioche.
Appel À Tous Les Chretiens Du Monde
(texte adopté par la conférence des Chefs et Représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales, en la séance plénière du 17 Juillet 1948.) Les Fêtes Commémoratives du 500ème Anniversaire de l'existence autocéphale de l'Eglise Orthodoxe Russe, ont réuni dans la Moscou historique, cette admirable capitale de l'Union Soviétique, sous les suspices de l'illustre et glorieux Patriarcat de toutes les Russies, les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales et ont fourni l'occasion des soumettre à libre exemen les questions se posant actuellement à l'Orthodo Il est clair pour tous que le monde traverse actuellement une période orageuse marquée par l'opposition irréconciliable entre l'Occident catholique et protestant-rationaliste d'une part, et l'Orient Orthodoxe de l'autre.
Alors que l'Orient Orthodoxe s'inspire des grands principes de la paix sur la terre et de l'amour fraternel entre les hommes, il nous saute aux yeux une agressivité du monde occidental capitaliste et imperialiste, d'où vient à nouveau le danger d'une nouvelle guerre avec ses horreurs inouies pour l'humanité qui a déja tant souffert!
Alarmés par cette aggression et remplis du profond désir d'exprimer le véritable esprit du Christ, les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales estiment qu'il est de leur devoir le plus sacré d'adresser un appel ardent à tous les chrétiens du monde, à tous les hommes qui aspirent à la vérité et à la paix, afin qu'ils entendent leur voix, appelant à l'amour fraternel, à l'humanité, à la justice et à la vérité. C'est au moment précis où l'Eglise Orthodoxe Russe commémore le 500ème Anniversaire de son sacerdoce autocéphal voué à Dieu et mis au service du prochain que du coeur même de cet illustre et grand Patriarcat de Moscou, nous tendons la main à tous ceux qui souhaitent que l'homme soit frére pour l'homme et non un loup et nous proposons d'unir fraternellement nos efforts afin d'affaiblir les instigateurs d'une nouvelle catastrophe, les serviteurs des forces obscures, pour lesquelles les grands principes de charité chrétienne et de fraternité ont depuis lontemps perdu toute signification.
Que les instigateurs d'une nouvelle guerre soient les fidéles du monde chrétien catholique et protestant, constitue un fait de nature à produire une pénible impression sur nous, les serviteurs de l'Eglise Orthodoxe. Nous sommes profondément affligés de ce qu'à la place d'un appel à la paix et à la charité chrétienne, de la citadelle du catholicisme—le Vatican et du nid du protestantisme-l'Amerique, nous entendons les bénédictions d'une nouvelle guerre et les hymnes glorifiant les bombes atomiques et inventions similiares destinées à la destruction des vies humaines.
Notre prière intense et notre voeu le plus sincère sont pour que l'orgueil et l'amibition du Vatican et de ceux qui le soutiennent se fondent dans l'amour pour Dieu et le prochain, de même que la présomption du rationalisme protestant cède la place à l'humilité chrétienne, afn qu'eux aussi
(les catholiques et les protestants) puissent répéter les paroles de St. Paul: «Je suis par la Grâce de Dieu ce que je suis».
Oh, combien il serait réconfortant et salutaire pour tout le genre humain, si la Rome des Papes, au lieu d'envoyer ses foudres à ceux qui ne lui sont pas soumis et qui ne sont pat de son côté, se mette à pleurer en fils prodigue repenti et qu'en retournant à la Maison Paterneile elle apprenne enfin que l'esprit de la foi chrétienne et de la vraie Eglise du Christ condamne toute convoitise de primauté et de pouvoir et que le vrai christianisme ne possède que l'esprit d'humilité, d'obéissance et de sacrifice.
Rechauffés par le grand mystère de la demeure apostolique, de tout coeur et avec un profond espoir nous levons nos regards vers l'Eternel Pontife de la Sainte Eglise qu'Il a acquise et affermie par Son Sang et nous l'imolorons avec ferveur qu'Il envoie Son Auge au monde papale afin qu'il lui ouvre les yeux sur voir le commandement du Christ: «Aimez-vous les uns les autres».
Que la Rome contemporaine s'humilie en se repentant devant la Rome des princes des Apôtres Pierre et Paul, devant la Rome qui exhalait les par Tums de la toi, de l'amour et de la paix des catacombes et qu'elle fasse un effort sur elle-même pour commencer une nouvelle vie dans l'esprit du commandement du Christ: «Que celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fasse votre serviteur et que celui qui voudra être le premier parmi vous, se fasse votre esclave» (Matth. XX, 26-27).
Enfants de Christ, enfants de la Sainte Eglise de tous les continents, de tous les peuples et de tous les Etats, Chrétiens du monde entier! Ne termons pas les yeux comme une autruche, devant les manifestations d'une nouvelle haine entre les hommes, ne bouchons pas l'oreille devant le grondement furieux d'une nouvelle guerre. Personne ne va contester que les impérialistes grands et petits, les terroristes, les dictateurs et les ennemis de toutes sortes du genre humain ont pris sur eux le rôle diabolique des instigateurs et des préparateurs d'une nouvelle et folle extermination du genre humain et qui aura comme dernier résultat la fin de la civilisation etdu sens de la vie.
Mais unis au nom du Roi de la Paix, le Seigneur Jésus-Christ, nous servirons de rempart contré tout attentat et contre toute action dirigés contre la paix et par notre entente évangélique, par notre ferme et inaltérable piété, nous réduirons à l'impuissance tout dessein et tout plan d'un nouvel incendie militaire sur cette terre qui n'a pas encore été lavée du sang et des larmes, délivrée des souffrances et déblayée des tombeaux.
La Sainte Eglise Universelle Orthodoxe trouve un appui inébranlable dans le service plein de sacrifices de l'Eglise Orthodoxe Russe autocéphale pour défendre par la force d'une fervente priére et d'une charité sans réserve l'oeuvre de la paix. Et c'est pourquoi nous nous adressons à tous ceux qui portent le nom de Chretien et qui doivent connaître la prédestination de l'homme, ce pressant appel à s'unir dans la ferme résolution de s'opposer a toutes les entreprises et à toutes les actions allant à l'encontre de notre mission de chrètien en essayant de faire de nous, si nous ne sommes pas unis, l'instrument aveugle des forces obscures.
En rappelant les paroles de St. Paul: «N'éteignez pas l'Esprit», nous croyons fermement que tous les êtres humains ayant du bon sens entendront notre appel à l'union dans l'esprit de la paix, de l'amour et de la verite, atin que nous puissions eclairer le monde par la lumière de ces vérités chrétiennes à la gloire du Seul et Unique Dieu Eternel et Incorruptible et pour le bien général de Sa créature préférée, —l'Homme.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
Clôture Des Solennités
Commémoratives
J. d. P. d. M. Numéro spécial.
Discours
Prononcé par S. S. le Patriarche
Alexis
À la séance plénière de clôture de la conférence des Chefs et des Représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales, dans la cathédrale de la Résurrection de Sokolniki à Moscou Le 17 juillet 1948 Saintetés, mes Vénérables Seigneurs les Métropolites, Archevêques et Evêques et toute la respectable Assemblée.
Avec l'aide de Dieu, nous avons acheve notre travail. J'espère que nous l'avons accompli pour le bien de la Sainte Eglise Orthodoxe.
Avant tout, au nom de i'Eglise Orthodoxe Russe, je remercie nos Hôtes et nos Collègues; leurs Saintetés les Patriarches et leurs Eminences les Métropolites, qui sont venus assister à notre fête et qui ont participé à notre Conférence.
Nous y voyons l'expression de leur affection fraternelle, à laquelle l'Eglise Orthodoxe Russe répond pleinement.
D'un commun accord, nous avons pris des décisions sur des questions religieuses très importantes et dans cette union, nous voyons de nouveau un symptôme heureux de l'union spirituelle et de fraternité entre nos Eglises Orthodoxes.
De cette façon, on ne peut pas dire de nous ce qu'écrivit autrefois le Pape Léon au sujet des évêques orthodoxes qui furent forcés de signer les décisions hérétiques au Concile d'Ephèse en 449, «ils ont tendu vers les signatures des mains qui n'étaient pas libres».
D'un commun et unanime accord nous avons pris les décisions qui nous ont été dictées par notre affection et notre fidélité à l'Eglise Orthodoxe.
Nous considérons cette réunion que nous éstimons très importante pour la vie commune de l'Eglise, comme étant l'expression de la voix de toute l'Eglise Orthodoxe. Cette Conférence doit démontrer au monde religieux tout entier que l'Eglise Russe, en la convoquant cette Conférence, n'avait qu'un but, celui d'unir les Eglises Orthodoxes en une union spirituelle.
Cette Conférence doit également démontrer que nous, de même que les Patriarches de l'Orient l'ont jadis exprimé, il y de cela a exactement 100 ans, en 1848, nous n'avons aucun désir de pouvoir temporel et que nous sommes seulement unis par les liens de l'amour et du zèle pour notre Mère commune l'Eglise et pour l'unité de la foi.
Nous regrettons profondément que les Hiérarques des Eglises Grecques n'aient pas reçu de mandat de leurs Chefs, et en premier lieu, de Sa Sainteté le Patriarche Oecuménique de Constantinople, afin de participer à notre Conférence. Nous en sommes affliges, parce que tous nous désirons l'union et estimons qu'il est de notre devoir sacré de garder et de renforcer par tous les moyens cette union. Nous craignons que l'unité et la plénitude de l'Eg-
Lise ne soient compromises de quelque façon que ce soit, ce que S* Jean Chrysostome, estimait être un mal non moindre que celui de créer des hérésies.
En terminant notre Conférence, j'exprime encore une fois ma reconnaissance à nos Confrères pour leur participation et pour les efforts qu'ils ont fournis lors de l'élaboration de nos décisions.
J'invoque la bénédiction du Seigneur sur cette communion spirituelle et sur notre union indélectible.
Que Dieu fasse que cette union se renforce de plus en plus et qu'elle devi enne un rempart inébranlable contre tous les dangers, qui menacent l'Eglise Orthodoxe.
Nous croyons que le Christ est parmi nous et qu'il le sera toujours. Amen.
Procès-verbal
De L'assemblée Plénière De Clôture De La Conférence
Des Chefs.
. Et Des Représentants Des Eglises Orthodoxes
Autocephales,
En date du 17 juillet 1948.
1º. Approbation de l'Ordre du Jour.
2º. Lecture des résolutions adoptées á l'unanimité par les quatre com- missions de la Conférence et relatives aux questions suivantes: a) Le Vatican et l'Eglise Orthodoxe; b) De la Hiérarchie Anglicane; c) Du Calendrier de l'Eglise; d) Le Mouvement Oecuménique et l'Eglise Orthodoxe.
Toutes ces résolutions sont adoptées à l'unanimité par la présente Conférence et sont signées par les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes autocéphales.
3º. S. S. le Patriarche Alexis annonce la liste des télégrammes parvenues au Patriarcat de Moscou pour le jour du 500ème Anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe.
4º. S. S. le Patriarche Gabriel donne lecture d'une requête qu'il adresse en son nom à S. S. le Patriarche Alexis.
5º. S. B. l'Exarque de Bulgarie Stéphane annonce le projet d'un appel aux chrétiens du monde. Le texte de cet appel est adopté à l'unanimite par tous les membres de la Conférence.
6° S. S. le Patriarche Alexis prononce son discours de clôture à l'occacion de la fin des travaux de la Conférence.
7° S. S. le Patriarche Justinien propose de porter au procès-verbal l'expression des regrets de la Conférence pour le refus des Représentants des Eglises de Constantinople et d'Hellade, venus aux Fêtes Commémoratives de participer à ses travaux.
La proposition de S. S. le Patriarche Justinien est adoptée à l'unanimité.
Les actes originaux suivants: les resolutions signées aux quatre questions des travaux de la Conterence, la requête de S. S. le Patriarche Garbriel, le texte de l'Appel aux Chrétiens du Monde-sont joints au présent procèsverbal.
Ce procès-verbal est signée par S. S. le Patriarche Alexis qui a présidé la Séance plénière de Clôture de la Conférence et les secrétaires de la Con- férence: Le protopresbytre Nicolas Koltchitsky.
N. P. Doktoussov.
L. N. Pariysky.
Moscou, le 17 Juillet 1948.
Nous le prions, pour qu'il affermisse ces décisions que nous avons prises au sujet des questions se rapportant à l'Eglise, afin que l'Eglise Orthodoxe, se développe et se renforce et que la bénédiction divine repose constamment sur Elle.
Nous saluons affectueusement nos Confrères et nos Hôtes bien-aimés, nous nous réjouissons de ce qu'ils aient daigné venir dans notre ville et dans ce Saint Monastère. Nous croyons fermement que les liens spirituels existant entre les Eglises-Soeurs, se sont encore renforces et affermis en ces Jours et que par la priere d'intercession de nos saints, la bénédiction divine reposera sur ces liens spirituels.
Que Dieu fasse qu'à leur retour chez eux nos Hôtes, les Chefs et les Représentants des Eglises-Soeurs, apprennent à leurs ouailles que la Foi orthodoxe est forte et vivante chez le peuple russe et qu'il a toute la possibilité et toute la liberté de prier où il veut et comme il veut.
Nous avons vu aujourd'hui comment les murs de ce monastère ont à peine contenu tous ceux qui sont venus à cette fête de la Laure.
Nous espérons que nos Hôtes de retour chez eux, démentiront avec persuasion les mensonges répandus sur nous, sur l'Eglise Russe et sur la personne du Patriarche de Moscou. Ils diront que l'Eglise Russe a une vie complète et qu'elle n'a aucun désir que les autres Eglises-Soeurs, même les plus petites lui soient soumises. Nôtre Eglise se trouve en communion avec toutes les Eglises et elle souhaite la liberté et la prospérité entiere à chacune d'elles.
Que cette réunion auprès de la tombe de Saint Serge noulie. encore plus étroitement.
Nous invoquons la bénédiction de Saint Serge sur toutes les Eglises Orthodoxes-Soeurs et nous croyons qu'aujourd'hui spirituellement il est tout particulièrement, parmi nous, et que nos prières auprès de ses Saintes Reliques parviendront par l'intercession de ses ardentes prières à l'Autel de Dieu.
Nous souhaitons une bonne santé pour de nombreuses années à nos Hôtes bien-aimés—Sa Sainteté et Sa Béatitude le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie, Callistrate, Sa Sainteté le Patriarche de Serbie, Gabriel, Sa Sainteté le Patriarche de Roumanie, Justinien, Sa Béatitude le Métropolite de Sofia et Exarque de Bulgarie, Stephane, ainsi qu'aux Vénérables Metropolites, Archevêques et Evêques, qui nous ont honoré de leur présence.
Que le Seigneur accorde de nombreuses années de vie à tous les Représentants des Eglises-Soeurs. Que la bénédiction de Saint Serge repose sur eux tous!
Ainsi, nous terminons aujourd'hui nos solennités et nous pouvons dire qu'elle se sont déroulées avec un grand enthousiasme et une grande animation et que nous avons tous reçu une consolation spirituelle dans les prières et le travail communs. Que ces liens spirituels consolidés entre nos Eglises demeurent fermes, solides et inébranlables dans les siècles des siècles.
Description Des Fêtes
Commémoratives
LA CELEBRATION DU 500eme ANNIVERSAIRE DE L'AUTOCÉPHALIE
De L'eglise Orthodoxe Russe
«Heureux ceux qui font ses commandements, pour avoir droit à l'arbre de vie, et pour entrer par les portes dans la ville».
(Apoc.
Xxii, 14)
Plus de trois ans ont passé depuis le moment où nous avons été témoins d'un événement historique dans la vie de l'Eglise Russe Orthodoxe son Concile Local, auquel assistèrent les représentants de presque toutes les Eglises Orthodoxes d'Orient. Aujourd'hui, à Moscou, de Hôtes notables sont venus honorer de leur présence la grande et glorieuse Fête des notre Eglise Orthodoxe.
Il n'entre pas dans mes attributions de donner ici un commentaire historique sur les événements ayant eu lieu il y a 500 ans. Des apergus sur ce sujet ont déjà paru sur les pages de notre revue.
D'ailleurs un exposé circonstancié et bien documenté par N. I. Mouraviev professeur à l'Académie de Théologie de Moscou, nous donne un excellent aperçu des causes efficientes et finales de la séparation définitive de l'Eglise Russe de son Eglise-Mère de Constantinople. C est dans la mesure de mes modestes facultés que je vais essayer de décrire comment par les soins be S. S. le Patriarche Alexis et de ses proches collaborateurs a été commémoré l'existence indépendante de l'Eglise Orthodoxe Russe. Les solennités ont été inaugurées par un Te Deum chanté dans la Cathédrale Patriarcale de l'Epiphanie de Moscou, le 8 Juillet 1948.
S. S. le Patriarche Alexis arrive peu avant ses hôtes et les attend dans le sanctuaire. Ceux-ci sont reçus par le Métropolite de Kroutitsy et de Kolomna Nicolas et le protopresbytre Nicolas Koltchitsky, supérieur de la Cathédrale. Au son des cloches et tandis que le choeur entonne: «Du soleil levant au soleil couchant...» les invités pénétrent dans la Cathédrale.
L'Eglise est pleine depuis longtemps. Ceux qui veulent prier avec illustres invités ou simplement les voir, sont venus ici plusieurs heures avant le commencement des solennités.
Ils se tiennent en rangs serrés, le long du tapis rouge qui s'étend du siége du Patriarche jusqu'aux dernières marches du parvis.
L'espace compris entre le Siège Patriarcal et le sanctuaire est recouvert de tapis. L'iconostase et les garnitures des icones frappent la vue par leur éclat doré. La châsse de Saint Alexis, transportée ici le jour du &00eme anni versaire de la fondation de Moscou, est surmontée d'un dais aux fines ciselures dorées. Les majestueuses voûtes de l'Eglise transportent votre regard vers les cieux. Et, malgré lui, tout être qui entre ici, est rempli de respect pour ces lieux et participe à la fête de tout le monde orthodoxe.
Exactement à 11 heures, comme il a été prévu, les (Portes Royales s'ouvrent et S. S. le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis, accompagne du clergé concélébrant, apparait sur l'ambon.
Les invités sont placés du côté droit du Maître-Autel. Le protocole n'est pas rigoureusement observé. Cependant ce sont les Chefs des Eglises qui occupent les premiers rangs: S. S. le Catholicos Patriarche de toute la Core Callistrate; S. S. le Patriarche de Serbie Gabriel; S. S. le Patriarche de Roumanie, Justinien; Sa Béatitude, l'Exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia, Stéphane; | Exarque du Patriarche de Constantinople (Oecuménique) pour l'Europe Centrale et Occidentale, le Métropolite de Thyatire Germanos; les représentants des Eglises d'Antioche et d'Alexandrie, le Métropolite d'Emèse Alexandre et le Métropolite du Liban Elie; l'évêque de Kortcha Païssy représentant l'Eglise d'Albanie; l'évêque de Belostok et de Béla, Timothée, représentant l'Eglise de Pologne. Parmi les Hôtes d'honneur, on remarque le Patriarche-Catholicos de tous les Arméniens, Georges VI. Ce. ne serait guère chose facile que d'énumérer tous les évêques russes qui sont présents.
Parmi ceux-ci le ne citerai que ceux qui representent Eglise Russe a l etranger: Exarque pour l'Europe Occidentale, le Métropolite Séraphin résidant à Paris; l'Exarque pour la Tchécoslovaquie, l'archevêque de Prague et de Tchéquie Eleuthère; actuellement déjà élevé à la dignité de Métropolite; l'Exarque pour l'Europe Centrale, l'archevêque de Vienne, Serge; l'Exarque pour l'U. S. A. l'archevêque de l'Amérique du Nord Macaire; l'administrateur des paroisses russe en Pulgarie, l'archevêque Séraphin; le doyen des paroisses russes en Yougoslavie, le protopresbytre Jean Sokal; le représentant de la Mission de l'Eglise Russe en Chine l'archimandrite Gabriel et le chef de la Mission Russe en Hollande l'archimandrite Denis...
Délégation de l'Eglise d'Hellade, avec à sa tête le Métropolite de Philippes et de Naples (Kavalla) Chrysostome et comprenant le Métropolite de Rhodes Timothée et le protopresbytre Constantin Moroitakis, est arrivée plus tard. Derrière les rangees de chaises et de bancs nous voyons le clergé et les laïcs: les membres des délégations étrangères, les invites des différents diocèses du patriarcat et les moscovites.
Au moment de l'ouverture des Portes Royales et de l'apparition de S. S.
Le Patriarche Alexis, tout le monde se léve. Par de chaudes paroles, pleines de douceur et réellement fraternelles le Patriarche de Moscou et de toutes le Russies salue les représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales d'Orient qui ont bien voulu honorer de leur présence la grande fête de l'Eglise Russe. Le discours de l Hiérarque orthodoxe est empreint de dignité et d'humilité: il n'est que le pasteur des brebis de Dieu. «Nous considérons cette fête comme un remerciement à Dieu, pour ses immenses bienfaits accordés à l'Eglise Russe pendant toute la durée de son existence. Le peuple russe a estimé plus que tous les biens et tous les trésors le don divin de la Foi Orthodoxe, il considérait son service à Dieu et à son Eglise comme une action qui lui était commandée: il s'est pieusement incliné devant les exploits et les efforts des Saints de Dieu, avec patience il a supporté toutes les épreuves qui lui étaient envoyées, espérant en l'aide et en la médiation de ses protecteurs célestes. Il a été lui-même tout exploit.»
Ainsi parle le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies. Et ici, dans la cathédrale et partout ailleurs, dans quelque église où il n'entre, dans quelque ville où il n'arrive, des foules innombrables de croyants l'entourent, se pressent a ses côtes. On l'aime, on le respecte, on l'apprécie, on le garde.
Plus le peuple est grand et glorieux, plus grand est le pouvoir de son Chef spirituel. Mais parmi ses confréres, les Patriarches de l'Eglise Orthodoxe et Apostolique d'Orient, il n'est qu'un frère plein de bonté et á l'heure actuelle un maître de séant aimable et accueillant. Il dit: «Ces relations entre '44
Te Deum à la Cathédrale Patriarcale de l'Epiphanie le jour de l'inauguration des solennités commémoratives, le 8 juillet 1948.
Les Eglises orthodoxes nous sont particulièrement chères et agréables parce que la force divine qui nous unit, s'y montre et nous avons foi en ce que le Christ est parmi nous, suivant Sa promesse: «La ou sont reunis deux ou trois en Mon Nom, Je suis parmi eux. Comment donc ne pas profiter de cette réunion fraternelle pour discuter ensemble des questions qui préoccupent toutes nos Eglises Orthodoxes?»
Et S. S. le Patriarche Alexis invite tout le monde á prier ensemble auprès des Reliques de Saint Alexis, le Thaumaturge, Métropolite de Moscou, vénéré à travers les siècles pour sa sagesse et sa piété.
Le Patriarche célèbre lui-même le Te Deum. Le Metropolite de Riga Ben jamin, l'archevêque d'Astrakan Philippe, l'archevêque de Novosibirsk Barthélémy et l'archevêque de Lwow Macaire, l'assistent et sont à ses côtés.
J'ignore quelles pensées ont dirigé S. S. le Patriarche dans le choix de ceux qui allaient concélébrer avec lui aujourd' hui, mais malgré moi le sens de ces paroles me vint à l'esprit: «Du soleil levant au soleil couchant, glorifiez le Seigneur»
Tous prient: les Patriarches, les evêques, les prêtres, le peuple. Der Et des milliers de voix se fondent en un seul chant, qui glorifient la Mêre de Dieu: «plus digne que les Cherubins et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins....».
Apres le Te Deum, S. S. le Patriarche Alexis invite ses Hôtes s'incliner devant les Reliques de saint Alexis, Metropolite de Moscou.
Le même jour à cinq heures a lieu l'ouverture des fêtes commémoratives à la Cathédrale de la Résurrection, aux Sokolniki.
sine PAter hier ete contratives Ici, si l'on peut s'exprimer ainsi d'une église, l'atmosphère est tout autre: c'est une atmosphère de travail. Toutes les veilleuses sont allumées, le sanctuare est éclairé, mais la lumière des lampes électriques se confond avec celle du soleil et elle meurt lorsque les puissants projecteurs sont allumés.
Les cinéastes essayent d'enregistrer chaque moment important de cette séance solennelle consacrée au 500eme anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe.
Une grande table recouverte d'un drap vert est au milieu de la nef.
L'espace compris entre le sanctuaire et la table est dégagé. De chaque côté de la table, occupant l'espace s'étendant du centre de la nef jusqu'aux autels latéraux, se trouvent plusieurs rangées de chaises. Derriére la table, il y a également quelques rangées de chaises.
Cette Eglise, bâtie par protoprêtre Jean Kédrov avec les oboles des fidéles et l'aide de diverses organisations sociales, est trés spacieuse et peut contenir beaucoup de monde. Toute l'église est ornée de boiseries somb bres. Il n'y a pas de peintures sur les murs; rien qu'en haut, prés de la cou pole, sont représentés, comme regardant en bas, les quatre .
Apôtres-Evan gélistes. L'harmonie des murs blanchis avec le bois sombre de l'iconostase crée sans doute, cette impression d'atmosphère de travail qui nous frappe dés notre entrée dans l'église. C'est ici qu'il y a plus de trois ans a eu lieu le Concile Local qui a élu le présent Patriarche de Moscou et de toutes les Russies. Nombreux sont les hôtes qui ont dejà assisté à cette autre solennité. Ils ont sans doute rémarqué comment l'église pendant cette période, a été restaurée et embellie. Quant au reste, rien n'a changé depuis le Concile Local. Seulement, cette fois le choeur est absent et les illustres Hôtes sont reçus au son des cloches.
A quatre heures et demi il n'y avait encore personne. Mais tout le monde a eu le temps de se réunir en une demi-heure et à cinq précises S. S.
Le Patriarche Alexis ouvre la séanse solennelle commémorative.
La place présidentielle lui appartient. A sa droite et à sa gauche ont pris place les Chefs des délégations des Eglises Orthodoxes d'Orient et
Les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales avant l'Office Divin à la Cathédrale Patriarcale de l'Epiphanie le jour de l'inauguration des solennités commémoratives, le 8 juillet 1948.
L'Hôte d'honneur, le Patriarche-Cotholicos de tous les Arméniens, Georges VI. A côté d'eux, à la table présidentielle, ont pris place le Métropolite de Kroutitsy et de Kolomna Nicolas et le représentant du gouvernement Soviétique, le Président pour les affaires de l'Eglise Orthodoxe Russe auprés du Conseil des Ministres de l'U.R.S.S. G. G. Karpov. A côté de lui, son remplaçant S. C. Belychev.
Les places latérales sont occupées par les Métropolites, les archevêques et les évêques étrangers ainsi que par les invités russes. Tous se sont assis au hasard des places, aucune délégation ne se tient à part. Derrière la table presidentielle, se sont assis les laïcs, proches aux affaires de l'Eglise.
Comme toute reunion religieuse orthodoxe, cette seance solennelle débute par une prière chantée par toute l'assistance.
Puisqu'il existe un compte-rendu sténographié de tout ce qui a été dit à cette conférence et aux séances suivantes, je ne vais pas exposer les discours qui été prononcés et je ne citerai que de petits extraits qui caractérisent l'esprit dans lequel s'est déroulée cette séance.
En parlant de l'événement historique qui est la cause de ces fêtes commémoratives S. S. le Patriarche Alexis attire l'attention de ses Hôtes sur les sentiments réelleent filiaux et pleins de respect que les Hiérarques russes ont eu envers l'Eglise-Mère, dirigée par le Patriarche de Constantinople.
Mais en même temps il souligne que: «il faut remarquer que, même au début, la dépendance de l'eglise Russse de Constantinople portait un caractère spécial et l'on peut dire qu'elle se bornait au droit du Patriarche de Constantinople de consacrer le Métropolite pour l'Eglise Russe, accordant à celuici le droit d'administrer indépendamment son Eglise, suivant les Canons de l'Eglise Universelle».
En effet, ceux qui connaissent l'histoire, savent que dans la mesure où le terrain pour le christianisme avait été préparé longtemps avant le baptême de Saint Vladimir, c-à-d., avant que |'Etat accepte officiellement la nouvelle foi, au cours des premières décades de son existence, l'Eglise Orthodoxe Russe: «satisfaisait à toutes les conditions canoniques non seulement pour jouir d'une large autonomis, mais même pour obtenir l'autocéphalie. Le nombre de ses évêques dépassait de beaucoup le minimum requis par les Canons pour une Indépendance religieuse totale»,dit Sa Sainteté. Il souligne: «la proclamation de l'autocéphalie en Russie résulta du désir de la hiérarchie, du clergé et du peuple russe de garder intacte la foi et c'est un témoignage de son amour ardent pour l'Eglise et de son zèle pour l'Orthoxie», mais même plus tard l'Eglise Russe ne rompt pas ses relations avec les Eglises d'Orient, se sert de leurs conseils judicieux en tachant de: «conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix...» comme l'a dit Saint Paul dans son Epître aux Ephésiens (IV, 3).
Le discours de bienvenue est prononcé au nom du Gouvernement Soviétique par G. G. Karpov. Il est empreint de bienveillance pour toute l'assemblée; le Gouverne ment a volontiers soutenu le désir du Patriarche Orthodoxe Russe de commémorer cet anniversaire historique de l'Eglise Russe. G.G. Karpov dit: «une large représentation des Eglises orthodoxes du monde aux solennités religieuses actuelles est un événement remarquable non seulement pour l'Eglise Russe, mais aussi pour toute l'Eglise Orthodoxe Universelle», et il fait remarquer la particularité caractéristique de l'Orthodoxie: «les principes de so born ost la distingue des autres confessions»
Et il insiste sur le fait que: «ici se trouvent les Eglises orthodoxes de tous les pays dont les peuples selon leur volonté librement manifestée, ont établi un nouvel ordre social et politique leur assurant un rapide développement matériel et spirituel».
Ce tut la seule seance, a laquelle assistèrent les représentants du Gouvernement Soviétique. L'Eglise dans l'Union Soviétique est séparée de l'Etat et indépendante dans ses affaires religieuses.
Le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis en train d'ouvrir solennelle, rée au 500eme anniversaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe le 8 juillet 1948.
S. S. le Patriarche Alexis remercie G. G. Karpov de ses souhaits chaleureux.
Ensuite la parole est donnée au représentant du Patriarche Oecuménique de Constantinople, le Métropolite de Thyatire, Germanos. Il prononce son dascours en grec. Le Métropolite de Léningrad et de Novgorod Grégoire, lit la traduct on en russe.
Il serait difficile d'éxagérer le profond respect qui se fit sentir dans les paroles du Métropolite de Thyatire. L'Eglise de Constantinople s'estime heureuse de ce qu'elle ait transmis la lumière de la foi chrétienne au peuple Russe et elle admire le zèle avec lequel notre pays l'a conservé et l'a raffermie: «les Académies de Théologies russes servaient de centre d'instruction chrétienne non seulement au clergé russe, mais, egalement à de nombreux clercs venant de l'Orient Orthodoxe... Aujourd'hui, en ce jour du 500eme anniversaire de l'indépendance religieuse et écclésiastique de l'Eglise Russe, toute âme orthodoxe se réjouit et chante un hymne de reconnaissance au chef de l Eglise, le Christ...»
Au nom l'Eglise d'Antioche c'est le Métropolite d'Emèse, Alexandre, qui présente ses félicitations à l'Eglise Orthodoxe Russe. Son discours est empreint de l'esprit d'humilité chrétienne que l'Orthodoxie a reçue dès Saints Apôtres et qu'elle a gardé à travers les siècles dans ce qu': «à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ› (Ephes. IV, 7)- Le représentant de la plus ancienne Eglise Orthodoxe de l'Union Sovié tique, le Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie, Callistrate dans son discours de bienvenue parle de l'histoire de l'Eglise Russe et des mérites de ses évêques envers la Patrie. En terminant, il offre au Patriarche Alexis la Patrie En tentan une crosse surmontée d'une Eglise et dit: «Gardes en, mon trés cher, l'heritage divin qui t'a été confié, dans l'harmonie de la vérité et de la bonté, de la fermeté et de la douceur qui te sont habituelles, afin que chacun des evêques, des prêtres et des fidèles qui te sont soumis puissent dire d'un coeur tranquille: Ta crosse et ton bâton, ce sont eux qui m'ont consolés S. S. le Patriarche de Serbie Gabriel prononce son discours comme seul»
Des proches parents peuvent parler: «obéissant aux traditions séculaires, a-t-il dit, suivant lesquelles, avec un attachement fraternel inébranlable, nous placions tout notre espoir, nous trouvions la consolation, nous recevions l'aide et la protection, tous les jours de notre orageux et lourd passé, de la puissante protectrice de l'Orthodoxie et du monde slave, de notre Mère la Russie. Aujourd' hui encore plus que jamais, nous nourissons les mêmes sentiments d'attachement fraternel et d'espoir et nous voyons dans la grandeur de la Russie une garantie de la paix, de la justice et de la liberté pour toute l'humanité dans le monde entier.»
S. S. le Patriarche de Roumanie Justinien prononce son discours en roumain, mais se souciant qu il soit aussitôt compris de tous, il s'arrête presque aprés chaque phrase et l'interprête, d'aprés un texte préparé à l'avance, lit les paroles de bienvenue en russe. Un petit extrait du discours du Patriarche de Roumanie montrera dans une mesure suffisante avec quels sentiments il assiste ici, dans cette églisee de Moscou, aux Sokolniki: «En ressentant une joie inexprimable et un immense enthousiasme, en prenant part avec les Chefs de toutes les Eglises Orthodoxes autocéphales, à ces fêtes où l'on a l'occasion de proclamer tout haut à tous les peuples du monde, que nous sommes unis et indivisibles et que nous avons conservé la doctrine, les commandement et les traditions de la Sainte Eglise Orthodoxe immuables, nous pouvons maintenant certifier à tout le monde qu'il existe entre nous les liens spirituels d'amour et de collaboration fraternels à l'instar des saints hiérarques et de nos Prédécesseurs de bienheureuse mémoire et qu'en suivant leur exemple et leurs oeuvres et perfectionnant leurs sacrifices, pour la propagation de la parole de vérité, car nous
Le Metropolite de Kroutitsy et de Kolomna Nicolas en train de lire le texte du télégramme au Président du Conseil des Ministres de P'U.R.S.S., le Généralissime Joseph Staline.
Sommes obligés selon la Parole de l'Apôtre Paul: «de garder l'unité d'esprit pour l'affermissement de la paix, ayant gardé ce qui nous a été confié».
Au nom de l'Eglise de Bulgarie, l'allocution est prononcée par Sa Béatitude l'Exarque Métropolite de Sofia, Stéphane. I parle beaucoup et avec, amour du monachisme et des ascètes russes et il caractérise ainsi l'Eglise Russe: «par le nombre de ses fidèles, par sa richesse spirituelle et matérielle, par sa force et son influence, elle surpasse toutes les autres Eglises Orthodoxes. Mais jamais elle n'a eu l'intention de profiter des avantages de sa situation pour une hégémonie dans le monde orthodoxe... Elle a profité de son influence pour délivrer et sauver des malheurs les autres Eglises et les autres peuples. S'il n'y avait pas eu ses appels inspirés aux dirigeants russes et au peuple russe, il se peut que jusqu'a maintenant les roumains, les grecs, les serbes et les bulgares souffrissent encore du joug turc».C'est par de bonnes paroles que le Métropolite Stéphane invoque la mémoire du Patriarche Serge.
A peu prés la même pensée est exprimée dans l'allocution de l'arche- vêque de Belostok et de Béla, le représentant de l'Eglise de Pologne qui a été «précédemment la fille et qui maintenant est la soeur cadette de l'Eg- lise Russe». «L'idée de la troisième Rome est fondée historiquement mais cette idée est accueillie par l'Eglise, comme par le peuple, dans son sens le plus idéal. En prenant sur elle la mission de gardienne de la pureté de l'orthodoxie, la Sainte Eglise Russe, ne cherche pas la primauté sur les autres Eglises mais dans un esprit de sacrifice, conformément au com- mandement du Christ, elle sert ses Soeurs les Eglises Orthodoxes par sa science théologique hautement développée et par sa grande expérience spirituelle et par tous les moyems à sa disposition...» Les paroles de saluta- tions de la part de l'Eglise d'Albanie «qui a défendu l'Orthodoxie durant les cinq siècles du joug turc et qui dirige aujourd'hui le peuple de fidèles d'Albanie se trouvant au rang des nations défendant l'amitié entre les peuples et la paix du monde,» sont dites, en langue de ce pays, par l'évêque de Kortcha, Paissy, et lues en russe par le Métropolite de Kroutitsy et de Kolomna, Nicolas. Cette parole est brève mais expressive et pleine d'admira- tion pour l'Eglise Russe. En dernier lieu, c'est le Catholicos-Patriarche de tous les Arméniens Georges VI, qui demande la parole. Avec un profond respect il évoque «les traits sublimes des grands affligés (pour la cause de la terre russe) Pierre, Alexis, Jonas, Philippe, Hermogène, Philarète,.. Gloire et honneur à la Sainte Eglise Orthoboxe Russe, a-t-il dit,—qui malgré la politi- que de russification de la toute puissante autocratie tsariste, n'a jamais attenté à la conscience religieuse et l'indépendance nationale religieuse du peuple arménien et son Saint des Saints plusieurs fois séculaires: Etchmiadzin... C'est sur cette sainte confiance mutuelle, . sur ce respect et cet amour qu'est basée, que se developpe et se rattermit la communion réellement chrétienne et spirituelle et de prières des deux Eglises Orthodoxes et l'amitié fraternelle et évangélique de nos fidèles chrétiens».
Les discours sont enregistrés. Pendant qu'ils sont prononcés l'oeil scrutateur de l'appareil photographique saisit l'expression de ceux qui les prononcent. Bientôt, tous ceux quis'intéressent à cette illustres assemblée pourront voir et entendre sur l'ecran l'expression des figures et les intonations. lis pourront voir, par exemple, comment souriait aimablement S. S.
Le Patriarche Alexis à S. S. le Patriarche de toute la Georgie lorsque ce dernier lui offrait la crosse. Ils pourront voir comment pendant le discours de S. S. le Patriarche de Roumanie, tous les membres de cette délégation se sont levés, comme saluant ensemble avec leur chef, l'Eglise Russe...
La magnificence de la haute assemblée a été filmée dans ses plus petits détails, à la lumière changeante des projecteurs et ce sera un nouveau témoignage des rapports amicaux et affectueux existant entre les hiérarques et les prêtres de l'Orient Orthodoxe reunis 1c1.
Aprés les adresses de bienvenue, à la première séance, le professeur de l'Académie de Théologie de Moscou M.
- Mouraviev fait un exposé sur le sujet: «Le 500eme anniversaire de l'autocéphalie de la Saint Eglise Orthodoxe Russe».
La proposition faite par le Métropolite Nicolas d'envoyer un télégramme au Généralissime J. Staline a été approuvée à l'unanimité. Les paroles du télégramme sont fort simples, sans aucune affectation et expriment le souhait sincère de «longues années de santé et de succès continus dans votre grande oeuvre pour le bien des peuples de l'Union Soviétique etpour la paix de tous les peuples du monde».
Clôturant l'assemblée S. S. le Patriarche Alexis exprime ce qui semble être la pensée de tous les russes ici présents. Il remercie les illustres hôtes, qui avec un tel amour et une telle bienveillance ont exprimé leurs hommages, ce qui nous touche infiniment. Dans leur adresses ils ont montré une connaissance si profonde de l'histoire de l'Eglise Orthodoxe Russe, un tel respect pour sa grande oeuvre, une telle affection pour le peuple orthodoxe russe, que nous ne pouvons ne pas apprécier ces paroles autrement que comme l'expression d'un suprême amour fraternel. Et Sa Sainteté exprime sa conviction «que la conterence actuelle, que les travaux que nous accomplissons ensemble resserreront les liens d'affection fraternelle qui existent depuis toujours entre nos Eglises».
Les travaux de la conférence se poursuivent dans la matinée du Vendredi 9 Juillet et le Samedi IO Juillet. Ils commencent et se terminent par une prière. Pas une seule fois le Patriarche Alexis n'oublie de s'incliner devant ¡'icone miraculeuse de Notre-Dame d'Ibérie (Iverskaya) relique profondément vénérée du peuple russe et qui participa à de nombreux événements marquants de l'histoire russe.
Aux assemblées pleinières président à tour de rôle les Chefs des Eglises et des délégations qui furent élus au présidium.
Le côté technique de la conférence: inscription des membres des délégations dans les commissions, l'élaboration du plan de travail aussi bien pour les séances plénières que pour les commissions, les comptes rendus sur les travaux en cours, l'élaboration de l'ordre du jour et d'autres questions relatives à l'organisation technique des travaux à poursuivre furent confiés au Métropolite de Kroutitsy et de Kolomna, Nicolas.
En annoncant l'ordre du jour, le Métropolite Nicolas propose de ne pas soulever de discussions aux séances plénières, mais de reporter au sein des commissions élus à cet effet et chargés de préparer les résolutions et de charger également les commissions de la question concernant les moines slaves du Mont Athos, celle des rites etc., qui ont été soulevées par certaines délégations.
L'assistance approuve toutes ces propositions raisonnables. Dans une courte introduction, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies résume le contenu de chaque question qui doit être étudiée par la conférense et qui préoccupe aujourd'hui toute âme orthodoxe. Avant tout, c'est l'agression croissante du Vatican ne dédaignant aucun moyen pour ravir des fidéles à l'Orthodoxie et ce même par des moyens de violence. C'est l'éternelle question qui est de nouveau soulevée par les Chefs de l'Eglise Anglicane, au sujet de la reconnaissance de sa succession apostolique et de son égalité avec les anciennes Eglises chrétiennes. On discute la question du calendrier de l'Eglise afin d'établir de la méme façon le Canon Pascal et de célébrer Pâques en même temps et partout; de même que la question de l'ancien et du nouveau style. Enfin la dernière question qui est très importante dans l'état actuel de son développement c'est celle du mouvement oecuménique, c-à-d, au sujet de la participation à un centre internationale qui reunit les représentants de toutes les confessions chrétiennes, dans le but de coordonner les activités sociales, morales et philantropiques. Cara-
Ctérisant l'essence des problèmes soumis à l'examen le Patriarche Alexis ne veut en aucune façon devancer leur solution par la conférence. Chacune de ses pensées sera développée par la suite dans des exposés faits au nom de l'Eglise Russe.
Le premier exposé sur le Vatican, intitulé «La Papauté et l'Eglise Orthodoxes est fait par l'archevêque de Kazan, Hermogène, recteur de naisseur de la question (son exposé a été publié).
Ensuite, le Decteur-Protopresbytre G. Kostelnik ayant réuni ses deux de l'Eglise du Christ», les lit en ukrainien, compris ici par tous les slaves et n'a pas besoin d'être-traduit.
Le P. Kostelnik se distingue par son aspect extérieur du clérgé orthodoxe. Il est rasé, porte une soutane qui rappelle par sa coupe la soutane romaine et une large ceinture cramoisie. C'est un ancien prêtre gréco-catholique et l'initiateur de la dissolution de l'«Union» de Brest de 1596. Il connait mieux que tout autre le jeu secret des dirigeants du Vatican, et son discours est empreint de passion et d'indignation contre la convoitise de l'autorite temporelle des Papes Romains aussi bien par le passé que maintenant et qui est devenue une partie intégrante du papisme.
L'exposé suivant sur le Vatican est fait par la délégation bulgare. L'exposé est lu en russe par le Métropolite de Plovdiv, Cyrille. Il est intitulé «Le Vatican et l'Eglise Orthodoxe en Bulgarie». Donnant un aperçu historique de l'infiltration du catholicisme en Bulgarie, l'orateur souligne que, malgré sa propagande acharnée durant trois siècles et l'utilisation par les papes à différentes époques de toutes les difficultés de l'Etat, le peuple bulgare, dans sa masse est resté orthodoxe. Et cela se comprend, parce que le catholicisme a porté atteinte à la conscience nationale du peuple. Dans son désir d'asservir l'indépendance nationale, le Vatican ne se gène même pas pour se solidariser avec les turcs. L'orateur reconnait l'organisation habile du catholicisme, la bonne préparation des missionnaires, la grande expérience du clergé catholique dans le domaine de la direction des âmes humaines et c'est pourquoi il invite à resserer et à consolider les forces, afin de se défendre contre l'agression du Vatican.
Après une courte interruption, l'exposé «Sur l'attitude du Vatican à l'égard de l'Eglise Orthodoxe pendant les derniers trente ans» par le professeur protoprêtre Théodore Popescu est lu en russe par le professeur de l'Académie de Théologie de Moscou N. P. Doktoussov.
Ce quatrième exposé sur le Vatican fait par la délégation roumaine constate également le fait d'une agression constante de la part des dirigeants de l'Eglise Catholique.
Personne ne contredit que l'activité actuelle du Vatican perd de plus en plus son essence religieuse en prêtant son autorité spirituelle et son expérience acquise au cours des siècles aux partis réactionnaires capitalistes, de même que personne ne pourra démentir le fait de la collaboration du Vatican avec les organisations fascistes.
Les quatre orateurs ne se sont iamais rencontrés auparavant et ont recu leur formation dans des pays de culture nationale différente. Mais on sent dans chacun de ces exposés le trait commun qui est propre à chaque chrétien orthodoxe: de profondes aspiration spirituelles et le désir d'imiter le Christ.
En dernier lieu le Patriarche-Catholicos Callistrate dit quelques mots sur l'agression catholique contre l'Eglise Orthodoxe en Géorgie.
L'assemblée plénière du 9 Juillet se termine par l'exposé du métropolite de Slivno Nicodème, memdre de la délégation bulgare, au sujet de la hiérarchie anglicane. Il lit son exposé en russe.
Les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales en train de signer les Résolutions adoptées à la Conférence, le 17 juillet 1918.
Le dix Juillet, l'assemdlée plénière commence peu avant l'heurepré vu l'ordre du jour chargé.
Vue 'exposé fait au nom de l'Eglise de Roumanie par le professeur protoprêtre Pierre Ventilescu, le doyen de la faculté de Théologie de Bucarest «La hiérarchie anglicane et sa validité» est lu en russe par le protopresby tre Nicolas Koltchitsky. Cet exposé, trés détaillé, touche la différence dans la définition des Sacrements et l'analvse de la déclaration des Hiérarques anglicans et l'histoire des pourparlers qui eurent lieu ces derniers cent ans entre les Eglises de l'Orient orthodoxe et l'Eglise Anglicane. Les propositions faites par la délégation roumaine au sujet de cette question se sont avérées, bien étudiées, humanitaires et bienveillantes, mais en même temps, inexorables quant à la sauvegarde de la pureté des Canons de l'Eglise Orthodoxe et des Règles Apostoliques. Aprés l'exposé du professeur de l'Académie de Théologie de Moscou V. S. Vertogradov: «Résolution de la question de l'Eglise Anglicane» (paru en brochure spécial) la parole est demandée par le Patriarche-Catholicos, Georges VI. Il estime de son devoir de raconter à la haute assemblée quel rôle honteux a joué le Vatican en s'opposant au rapatriement des Arméniens en Arménie Soviétique et quels obstacles il a crées pour leur retour dans leur patrie. Il exprime sa joie qu'ici la voix de l'ancienne Eglise apostolique nationale arménienne retentit librement, comme ce fut le cas au cours des premiers siècles du christianisme.
Jetant un regard sur les représentants des Eglises Orthodoxes d'Orient et considérant avec attention leur visage, à la belle barbe, on remarque une ressemblance générale qui leur est propre à tous: des yeux clairs, un front élévé, des traits réguliers. C'est là, la beauté extérieure qui sert d'expression à la noblesse d'âme. Peut-être peut-on y chercher la raison de la grande liberté, de l'aisance et de la symphathie mutuelle qui règnent ici.
La question suivante qui est à l'ordre du jour «Du calendrier orthodoxe».
Le premier exposé sur ce thème est fait par A. I. Georgievsky, professeur à l'Académie de Théologie de Moscou. Le suivant, au nom de l'Eglise bulgare, est fait par l'archimandrite Méthode et le dernier, au nom be l'Eglise roumaine, est lu en russe, par N. P. Doktoussov.
Les trois exposés prouvent la necessité de conserver l'ancien style c-à-d, le calendrier Julien pour l'établissement du Canon Pascal orthodoxe et ne diffèrent entre eux que par les, détails.
L'examen de la question du mouvement oecuménique débute par l'éxposé de la délégation roumaine lu par le professeur protoprétre Jean Koman.
L'opinion de la délégation bulgare est exposé par le Métropolite de Sofia, Stephane, exarque de Bulgarie. Ensuite, le point de vue de l'Eglise Russe, est exposé par le protoprêtre G. Razoumovsky. En utilisant une information diverse à leur disposition, possédant une expérience variée et en apportant des propositions différentes quant à l'attitude à prendre à l'avenir, à l'égard du mouvement oecuménique, tous les trois exposés tombent également d'accord sur l'essence du mouvement oecuménique définie par eux comme étant un mouvement éloigné de l'esprit religieux et poursuivant des fins d'un caractère politique défini; il est également remarqué par eux que les organisateurs de ce mouvement manquent d'egards envers les représentants de l'orthodoxie.
Et, de nouveau, je fais remarquer que j'évite de faire une description plus détaillée des exposés car ils ont été stenographiés. Je puis dire que cette question s'est avérée tellement proche de l'actualité, les exposés étaient si intéressants et si bien documentés que la sèance, commencée à 10 h30, s'est prolongee jusqu'à cinq heures, quoique d'après l'ordre du jour elle devait se terminer á 3 heures.
Il y a dans la vie des moments, qui, on ne sait pourquois, se gravent dans l'esprit avec toute la netteté de leurs couleurs et de leurs sons. L'église à demi vide, la porte d'entrée grande ouverte par laquelle on voit le bleu
Clair du ciel et la verdure touffue des vieux arbres. En face de nous l'iconostase, ornée de veilleuses multicolores. Sur le fond de la boiserie sombre, se distinguent les icones claires et riches en couleurs. Des soutanes noires...
Tout ce qui est blanc et de couleur est ici tellement rare comme pour faire ressortir spécialement le noir. La voix nette de l'orateur retentit dans l'église. Tous écoutent attentivement. Parfois, un mouvement involontaire montre nettement la réaction des auditeurs sur telle ou telle expression et quel écho elle a trouvé dans leur coeur.
C'est ainsi que je me rapelle les séances plenières qui eurent lieu aux Sokolniki.
Du samedi 10 Juillet au samedi 17 juillet, les séances plénières furent suspendues. Le travail se faisait dans les commissions où il a été organisé selon les réglements intérieurs respectifs.
Le vendredi 9, aprés la séance plenière, on avait prévu la visite des églises de Moscou par les membres des délégations. J'ai pu aller á l'Eglise St. Nicolas de Kouznetsy où le supérieur est le Père Alexandre Smirnov.
A cinq heures précises la cloche retentit et les membres de la délégation de l'Eglise d'Antioche arrivent en voiture: ce sont le Métropolite d'Emèse, Alexandre, le Métropolite du Liban, Elie et l'archimandrite Basile. Ensuite, en les indiquant dans l'ordre de leur arrivée, ce sont les représentants de l'Eglise de Roumanie, l'évêque de Cluge, Nicolas, l'évêque de Bujéo, Anthime et les personnes qui les accompagnent; le représentant du patriarche de Constantinople, le Métropolite de Thyatire, Germanos, accompagné du Métropolite de Léningrad Grégoire; le Métropolite Séraphin venant de Paris avec les représentants de l'Eglise de Pologne, l'archevèque de Belostok et de Béla Timothée, lèvêque de Wrotslav, Michel et les personnes qui les accompagnent; le Metropolite de Spolie, Joseph, membre de la delegation de Serbie avec les personnes qui les accompagnent et enfin un groupe plus nombreux ayant à sa tête le Catholicos—Patriarche de Géorgie, Callistrate. Faisaient partie de ce groupe: l'évêque de Kortcha, Païssy, délégué de l'Eglise d'Albanie, l'archevêque des Etats Unis, Macaire, le protopresbytre Garbriel Kostelnik (de Lwow), de nombreux autres illustres représentants des Eglises Orthodoxes étrangères et le clergé russe.
Chaque groupe était salué par le son des cloches et le chant du choeur. Le supérieur saluait chaque représentant des Eglises —Soeurs par une brève allocution. La haute personnalité qui était à la tête du groupe répondait également par des paroles aimables, pleines de bienveillance, pour le pere supérieur et pour les paroissiens de l'église.
Ceux-ci sont venues si nombreux que si ce n'était l'extraordinaire discipline et la retenue des fidèles, il aurait pu y avoir une catastrophe. Il faut rendre cette justice au P. Alexandre, c'est son mérite. En attendant chaque groupe, le supérieur de l'église expliquait à ses paroissiens qui ils verraient. Avec leur supérieur, ils prennent part à la reception des hôtes, exprimant leur salut en s'inclinant profondément et en recevant pieusement la bénédiction... Après une prière dite en commun les hôtes, sur l'invitation du supérieur allaient s'incliner devant la relique locale: l'icone de Notre Dame de la consolation.
On souhaitait à tous les Hôtes de nombreuse années de vie. Ensuite, le choeur executait des chants religieux.
La reception des invités à l'église St. Nicolas de Kouznetsy s'est prolongée depuis cinq heures jusqu'à huit heures du soir. Le samedi 10 Juillet, les membres des délégations célebrèrent les Vêpres dans différentes églises de Moscou. Je suis allée prier á la Cathédrale Patriarcale.
Ici, l'office était célébré par le Métropolite de Tuyatire , Germanos, exarque du Patriarche de Constantinople (Oecuménique) en Europe. Avec lui vinrent à l'église le Métropolite de Léningrad Grégoire et le Métropolite de Phillippe et de Naples (Kavalla), Chrysostome, représentant l'Eglise d'Hel-
Lade. L'office était célébré en grec et en slavon. Après que le Métropolite Germanos eût lu l'Evangile en grec, le Métropolite de Léningrad Grégoire l'a lu en slavon.
C'est l'office habituel des Vêpres, dans la Cathédrale patriarcale. A la manière des monastères, on entendait les canonarques aux choeurs. On entend chanter et lire les kondakions et les tropaires à Saint Serge et á Saint Germain de Valaam dont l'église vénèrent demain la mémoire... Et nous, les fidèles, nous ne sentons nullement que ces Vêpres sont célébrées par un étranger, car notre foi orthodoxe est commune à nous tous.
Le jour suivant, le dimanche les Vêpres solennelles sont célébrées á la Cathédrale Patriarcale avec la participation de tous les membres des délégations et précédées d'un office des défunts sur la tombe du patriarche Serge-c'était le jour de sa fête.
C'est un fait significatif que la veille de la fête des Saints et glorieux Apôtres Pierre et Paul, en la Cathédrale Patriarcale de Moscou se sont réunis les représentants de presque toutes les Eglises d'Orient. Etaient absents les représentants de l'Eglise de Jerusalem, mais ils étaient absents «en raison des tristes circonstances, les ayant privès de déplacement et d'action et dont sont affligés leurs pays respectifs» (extrait du discours du Pat-- riarche Alexis, à la première séance aux Sokolniki). L'office était célébré en grec, slavon, géorgien et roumain. La litia a éte présidé par le Patriarche de Roumanie Justinien, le «Polielos» par le Patriarche de Géorgie Callistrate, assistes par les autres hiérarques participants. C'était la concélébration d'un très grand nombre d'écclésiastiques. Les évêques étaient suivis par les prêtres ayant à leur tête deux protopresbytres de l'Eglise Orthodoxe Russe, le Père Nicolas Koltchitsky et le Père Gabriel Kostel L'Evangile était lu en géorgien par le Catholicos—Patriarche Callistrate, en slavon, par le Métropolite de Kroutitsy, Nicolas. Et, lorsque de la bouche de Son Eminence le Métropolite Nicolas se font entendre les paroles: « Jésus lui dit: pais mes agneaux»› la signification de ces paroles se fait sentir d'une façon particulière.
Je ne voudrais pas décrire la splendeur des chasubles, du chant inspiré du choeur patriarcal, des sentiments attendrissants des fidèles présents dans l'église et joignant des milliers de voix au chant des prières que tous connaissent. Tout ceci a été décrit plus d'une fois et connu des orthodoxes dès l'époque de Byzance.
Avec encore plus de solennité que les Vêpres a été célébrée en la Cathédrale Patriarcale de Moscou, la liturgie le jour de la fête des Apôtres Pierre et Paul. Elle était célébrée par S. S. le Patriarche Alexis avec S. S. le Catholicos—Patriarche Callistrate, S. S. le Patriarche Justinien, S. E. le Métropolite Germanos, S. E. le Métropolite Chrysostome, S. E. le Métropoite de Nom S. le Métropole Nicolas (de Kroutitsy), l'archevêque Timothée (de Béla et de Belostok) et l'évêque Païssy.
Sa réatitude, l'exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia Stephane ne participe pas à la célébration de la Liturgie pour raison de santé mais il est présent et est nommé dans les prières, comme s'il officiait.
Tout le temps, prés du Siège Patriarcal restent deux protopresbytres, le P. Nicolas et le P. Gabriel..Ici le clergé est encore plus nombreux et il est placé, exactement selon son rang, auprés de l'autel. Le Père Georges Antonenko, l'archidiacre du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, le P. Serge Tourikov, le protodiacre qui concélèbre d'habitude au Métropolite Nicolas et les autres meilleurs protodiacres et diacres de Moscou contribuent beaucoup à l'éclat de l'office par l'éclat de leur voix puissante et agréable.
Aux ekténies, on nomme les Patriarches d'Orient: celui de Constantinople, Maxime; d'Alexandrie, Christophe; d'Antioche, Alexandre, et de
Les Chefs et les Représentants des Eglises Orthodoxes Autocéphales au concert spirituel, dans la Grande Salle du Conservatoire d'Etat de Moscou, le 16 juillet 1948
Jérusalem, Timothée avec leurs titres complets. Seulement aprés on cite le nom d'Alexis, notre Grand Seigneur et Père, S. S. le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies et les Chefs des Eglises viennent après lui selon le rang d'ancienneté de leurs Sièges respectifs. Les prières sont chantées et récitées en plusieurs langues: en grec, slavon, arabe, géorgien, roumain albanais, francais, mais les mots élaient les mêmes. L'office était célébre strictement selon la Règle élaboré par les zélateurs sages et savants de la foi orthodoxe.
Celui qui connait l'ordre de l'office, comprend tout, en quelque langue que soient prononcées les paroles. Et, vraiment admirable est la particularité de notre culte orthodoxe, son action est irrésistible sur les personnes instruites comme sur les gens simples.
Le sermon en russe est prononce par le Metropolite de Léningrad, Gré- goire. Il a souligné le caractère particulièrement solennelle de la célébration de la mémoire des Saints Apôtres Pierre et Paul. S'adressant aux hôtes il dit: «Vous êtes venus pour vous réjouir avec nous et pour vous consoler en même temps que nous dans notre foi commune et pour remercier avec nous le Seigneur pour Ses Grâces, qu'il a daigné accorder à l'Eglise Orthodoxe Russe pendant les mille ans de son existence...» Plus loin, il raconte, avec quelle profondeur la foi chrétienne est entrée dans la vie du peuple russe, comment, malgré de nombreuses épreuves, notre Eglise a conservé dans la pureté les règles apostoliques, comment les orthodoxes ont gardé pendant des siècles leur conscience religieuse intacte, comment ni le protestantisme, ni les sectes n'ont pu faire chanceler les vérités de la foi chez les fidèles ortho- doxes. Ayant touché les questions qui sont soumises actuellement à l'étude il invite les Chefs des Eglises qui se réunis ici «à prier le Seigneur pour con- server l'unité dans leur décisions comme elle s'est conservée dans leur prière et alors que se déchainent les tempêtes et les vents des inventions humaines, que grondent les tonnerres des intimidations de toutes sortes, que scintillent les éclairs de colère et de cruauté, nous n'en avons pas peur, car nous nous trouvons sur un rocher solide».
La prière de l'ambon est lue par l'hégoumène Denis Chambault, un Français de Paris, supérieur d'une paroisse orthodoxe française de rite occiden Pour le Te Deum, se revêtit, également de vêtements sacerdotaux, le clergé qui n'a pas pris part à la Liturgie. On souhaite de nombreuses années de vie à 28 Hiérarques: aux Patriarches, aux métropolites, aux archevêques aux évêques.
Aux heures libres d'office et de séances, les hôtes du Patriarche Russe prenaient volontiers connaissance de Moscou et de ses environs. Il va de soi que je n'ai pas pu être partout et avec tout le monde. Je n'ai pas non plus pris part aux banquets, dîners, et réceptions solennels. Là, il n'y avait pas de femmes. Et je ne décris que ce dont j'ai été le témoin oculaire.
Les Chefs des Eglises visitent la Galerie Trétiakovskaïa le 13 Juillet, un mardi. J'accompagnais le groupe, à la tête duquel se trouvent le Catholicos—Patriarche Callistrate, le Patriarche de Serbie Gabriel, l'exarque pour l'Ukraine, le Metropolite de Kiev, Jean. Un autre groupe avec a sa tete l'exarque du Patriarche Oecumenique en Europe, le Metropolite de hyatire Germanos, visite la Galerie à part et le guide leur donne des explications en français.
Notres groupe commence sa visite par les origines de la peinture russe, les chefs—d'oeuvre des XI-XVI siècles. Nous nous attardons devant la face empreinte de tristesse de Notre Dame de Vladimir. Cette icone est étroitement liée avec les moments de transition les plus importants de l'histoire russe. L'histoire séduisante de différentes couches de divers styles de peinture, la restauration difficile de l'icone, tout cela intéresse profondément les visiteurs.
Le choeur Patriarcal, sous la directions de V. S. Komarov, pendant le concert spirituel, dans la Grande Salle du Conservatoire d'Etat de Moscou, le 16 juillet 1948
On visite avec la même attention les chefs—d'oeuvre des écoles de Novgorod et de Pskov, remarquables non seulement par la manière dont elles ont été peintes et par leurs couleurs, mais également par l'interprétation des sujets des Saintes Ecritures et de la vie des Saints. Et évidemment, tout le monde, tombe en admiration devant la «Trinité» d'André Roublev, nellement vivante, simple, fine, douce et sévère. Dans la salle de l'école moscovite, les visiteurs s'entretiennent longuement et* avec beaucoup d'intérêt, en considerant le changement de style depuis André Roublev jusqu'à Simon Ouchakov.
Les peintures des XVII® et XVIII® siècles n'attirent presque pas l'attention des illustres visiteurs. Ils admirent seulement les remarquables sculptures de Choubine.
Longtemps et avec attention on s'arrête devant le tableau de A. A. Ivanov «l'Apparition du Christ au peuple» et ses esquisses. La triste histoire des recherches créatrices du peintre, le travail durant vingt ans sur cette oeuvre, dont la valeur n'a été reconnue que maintenant et enfin, la toile ellemême, parfaite par son dessein, sa peinture et sa composition sont découverts par les honorables visiteurs grâce à l'intéressante et complète explication du guide. Les Patriarches veulent se faire photographier sur le fond de ce tableau, ce qui est fait par les techniciens des actualités soviétiques qui sont présents.
Dans les salles suivantes on s'arrête devant le «Mariage inégal»
De N. I. Poukirev et «Dans l'auberge du monastère» de A. J. Korzoukhine, devant les portraits de J. N. Kramskoy et devant sa toile «Le Christ dans le désert». Le guide attire l'attention des visiteurs sur certains tableaux de N. N. Gué. On ne peut pas ne s'attarder dans la salle de Kouindji et de J. J. Chichkine. Les tableaux traitants les sujets de la nature russe, interprétés d'une manière si différente, si variée, subjuguent tout visiteur rentrant ici.
On admire particulierement les chefs-d'oeuvre de V. J. Sourikov et de J. E. Répine. Beaucoup de ceux qui sont ici les ont vus precedemment ou bien les connaissent d'aprés des reproductions et malgré cela y trouvent encore quelque chose de nouveau-telle est la particularité de tous les chefsd'oeuvre.
Dans les salles de l'étage inférieur on admire les sculptures de M. M. Antokolsky, on rend hommage à la lyrique de Lévitan et on passe aux salles de la peinture soviétique. On admire les oeuvres des lauréats du prix Staline et, comme il me semble, c'est le tableau de M. J. Khmelko «Pour le grand peuple russe» qui produit sur eux la plus forte impression.
Le vendredi 16 Juillet, j'ai assisté à la visite du Musée Historique par les délégations. Ici, spécialement pour les hôtes du Patriarche Russe, on a exposé les tissages et les anciens manuscrits. Les hôtes visitent également beaucoup d'autres salles du Musée Historique, il est impossible de tout décrire. Mais je voudrais rappeler quelques travaux de tissage et quelques manuscrits.
On ne peut autrement apprécier les admirables broderies de perles et de • fils dorés et argentés des femmes russes, un travail extrêmement fin et artistique, comme un bijou et qui est unique et qui ne peut avoir de double. Pour comprendre son charme, il faut le voir. Dans leur travail, qui durait des années, les brodeuses ont mis non seulement leur savoir faire et l'oeil juste de l'artiste, mais également leur pensée. Je me souviens surtout, sur un voile, le visage de Saint Nicolas, au front haut et énergique-probablement l'artiste a voulu exprimer ainsi la force de la pensée du Saint. Ou bien, par exemple, le don d'Hélène Volochanka, un voile représentant le dimanche des Rameaux a la cour du prince de Moscou, Jean III. Sur un petit espace, tout une toile historique: à l'arrière plan—le peuple tenant les rameaux, à gauche passe la procession presse pet de Dimitry.
Récemment couronne; plus loin le fils ainé Basile, avec ses partisans. A l'avant-plan, a gauche, Sophie Paléologue, avec ses deux filles et sa belle-fille, Hélène Volo-
Chanka, la donatrice de voile. A droite, la procession du Métropolite Siméon...
Celui qui connait l'histoire des rapports familiaux et du palais de Jean III, comprendra facilement ce tableau et racontera le mélange compliqué de politique intérieur et extérieure du premier seigneur autocrate en Russie. Dans la section des manuscrits, nous voyons des pièces uniques tels que le Psautier du XIle siècle en grec, le Recueil de Sviatoslav de Kiev de 1073, traduit du bulgare, l'autographe du premier Patriarche Russe, Job et l'autographe du Patriarche Hermogène, la Bible de Cuennade de Novgorod, un manuscrit d'André Bogolubsky, le Nécrologue de la Cathédrale de l'Assomption avec les noms de tous «ceux qui furent tués au champ de Koulikov..» D'anciens manuscrits et livres serbes, bulgares, roumains... Comment ne pas s'arrêter pour admirer le Psautier bulgare, illustré d'une admirable miniature, qui est le dernier témoignage de la haute culture de la Bulgarie, avant sa conquête par les turcs.
Comment ne pas admirer l'evangile qui a appartenu à Mstislav, le fils de Vladimir Monomaque, transcrit par des moines russes, dans une reliure ornée d'email, dont il est dit dans les annales qu'il fut commandé à Byzance. Combien d'associations de pensées évoquent ces objets précieusement conservés, avec quelle éloquence ils parlent à celui qui a su apprécier la grande force de l'orthodoxie.
Le même jour où les Chefs des Eglises visitèrent le Musée Historique, toutes les délégations assistèrent le soir à un concert spirituel, dans la grande salle du Conservatoire d'Etat de Moscou. Au programme figurent les spécimens les plus divers des chants d'Eglise, en commencant par les mélodies les plus primitives, on peut dire populaires et en terminant par les chefs-d'oeuvre de compositeurs russes, lesquels ont toujours rendu hommage au sens profond des prières orthodoxes. Le concert spirituel, consacré au 500eme anniversaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe est exécuté par le choeur patriarcal avec la participation de l'artiste populaire de .R.S.s.-Kozlovsky, lartiste populaire de la R. S.F.S.R., N. D. Spiller et d'autres artistes et cantatrices bien connus.
Il faut rendre hommage au chef du choeur patriarcal V. S. Komarov, le choeur qu'il dirige exécute admirablement l'hymne de l'Union Soviétique.
Les mélodies monastiques ont profondément touchés les auditeurs, tant elles sont sincèrement empreints de lesprit de priere.
Le samedi 17 Juillet a lieu l'assemblée pleinière de clôture, dans la cathédrale de la Résurrection, au Sokolniki. De nouveau, c'est une paisible atmosphère de travail. Cette assemblée plenière va entrer dans l'histoire comme un point de départ de la reprise de communion interapostolique entre les dirigeants des Eglises d'Orient. Ici, sont adoptées de nombreuse décisions déterminant pour longtemps, la voie de l'orthodoxie dans la mer agitée des différentes tendances humaines, de la lutte des classes, des intrigues politiques, de la convoitise du pouvoir, de la cupidité et du souci du bien personnel.
Lorsque le lecteur aura pris connaissance des décisions adoptées alors il y verra les prédominances d'ordre essentiellement religieux des purs principes évangéliques. Alors que les points touchant le domaine de l'activité sociale sont exclusivement destinées à la défense de l'orthodoxie de l'agression du Vatican et d'autres confessions aspirants à l'hégémonie mondiale.
Chaque rèsolution concernant les questions étudiées aux assemblées plénières et dans les commissions 1) le Vatican et l'Eglise orthodoxe, 2) le mouvement oecuménique et l'Eglise orthodoxe, 3) de la hiérarchie anglicane et 4) du calendrier de l'Eglise, est lue et est acceptée à l'unanimite.
La signature des résolutions s'accomplit dans l'ordre hiérarchique. C'est le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, qui signe le premier, aprés lui, le Patriarche—Catholicos de toute la Géorgie, Callistrate, ensuite le Patriarche de Serbie, Gabriel, le Patriarche de Roumanie, Justinien, l'Exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia, Stéphane. De la part des Eglise d'Alexandrie et d'Antioche et par procuration des Patriarches Christophe et Alexandre les
Documents sont signés par le Métropolite d'Emèse, Alexandre et le Métropolite du Liban, Elie; de la part de l'Eglise de Pologne, c'est l'archevêque de Belostok et de Béla, Timothée, qui signe; de la part de l'Eglise Orthodoxe d'Albanie, l'évêque de Kortcha, Païssy; de la part de l'Eglise de Tchécoslovaquie, l'archevêque de Prague et de Tchequie Eleuthere.
Le Catholicos—Patriarche de tous les Arméniens, Georges VI, exprime également le désir de signer les résolutions.
Chaque résolution est signée à part, avec la citation compléte des titres, c'est pourquoi la procédure dure longtemps.
Après l'achèvement de cet acte, le Patriarche Alexis annonce la liste des felicitations reçues par l'Eglise Orthodoxe Russe, de même que le télégramme du Patriarche d'Alexandrie, qui a chargé de représenter son Eglise à cette haute assemblée, aux délégués d'Antioche. Tous les Patriarches d'Orient, qui ne sont pas présents ici, de tous les côtés de l'univers, où vibrent à l'unisson les coeurs des fidèles orthodoxes, les évêques et les prêtres ont envoyé des félicitations à l'Eglise Orthodoxe Russe, à l'occasion du glorieux anniversaire de son independance. L'archevêque de Canterbury, le chef de l'Eglise d'Angleterre a également envoye ses telicitations.
. S. le Patriarche de Serbie, Suit la lecture, par le protopretel: Son essence se redurt a ceci: prier ar Patriarche de Moscou et toutes les Russies à contribuer à ce qu'à l'avenir «toutes les Eglises Orthodoxes autocéphales fassent les réformes nécessaires d'un commun accord traternel, en même temps et dans la même mesure afin qu'aux yeux de toutes les autres eglises chretiennes ils soient unanimes dans toutes les questions doctrinaires et de collaboration» et de le prier «de preparer une nouvelle édition de l'homologie (la foi chrétienne) orthodoxe».
S. S. le Patriarche Alexis remercie pour la confiance et accepte de prendre sur lui cette grande tâche, avec l'assentiment unanime de toute l'assistance.
L'Exarque de Bulgarie, le Métropolite de Sofia, Stéphane, prie le Métropo- lite de Kroutitsy et de Kolomna, Nicolas, de donner lecture de son appel aux chrétiens du monde. Ce message est un modèle parfait d'un appel pastoral à la paix, à l'amitié et à la fraternité, rédigé dans le style du sage et doué hierarque s'adressant à l'humanité par les paroles de Saint Paul: «N'éteignez pas l'Esprit. Cet appel est adopté par toute l'assistance.
Après cela S.S. le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, lève la séance, apportant encore une fois sa reconnaissance à toute l'assemblée qui s'est donnée la peine de venir à Moscou et exprimer par là, leur amour fraternel. Il voit le signe de la bienveillance divine dans l'harmonie et dans l'unanimité dans lesquelles se sont déroulées les séances et ont été prises les décisions. Pour la vie de l'église, il importe beaucoup que la voix de tous les hiérarques orthodoxes se fasse entendre à l'unisson. Cette conférence, a-t-il remarqué, doit montrer à tout l'univers, que notre seul but est de faire renaître l'unanimité dans les affaires touchant la foi. Nous ne possédons pas de pouvoir séculiers et nous ne le désirons pas, tel était le sens de son allocution. Il exprime son regret au su jet de l'absence à la réunion de la voix du Patriarche Oecuménique et l'éspoir que cette conférence n'est que le commencement «des conciles généraux pour prendre des décisions en commun». «Nous avons foi en ce que le Christ est et sera parmi nous», dit le Patriarche Alexis en terminant son allocution. La dernière proposition appartient à S. S. la Patriarche Justinien.
Il exprime le regret que les représentants des Eglises de Constantinople et de Grèce, qui sont arrivés pour les fêtes, n'aient pas pris part à la conférence et il demande que ce regret soit porté au procès-verbal de la séance.
Après la prière dite en commun, tous s'approchent de l'icone de Notre Dame d'Ibérie (Iverskaïa) et s'agenouillent devant elle dans un profond recueillement.
La silencieuse et humble invocation à la mère de Dieu, témoigne de la profonde foi des Hiérarques orthodoxes.
A la Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge, le jour des solennités commémoratives, le 18 juillet 1948, J. d. P. d. M. Numéro spécial.
Le jour suivant, un dimanche, le jour de la tete de Saint Serge de Radonej, tous les hôtes sont invités à la Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge.
Ce jour-là, il y a toujours une grande foule à la Laure. On vient ici non seulement de Moscou, mais de différents côtés, parfois très éloignés, du pays.
Saint Serge est un saint très vénéré par le peuple russe. L'arrivée des illustrees hôtes a contribué à un désir plus grand d'être lá, le dimanche 18 Juillet 1948.
Je suis venue en voiture avec un prêtre russe qui habite à l'étranger depuis plus de vingt ans et quin'a jamais été dans cet endroit. A mesure que se déroule les paysages toujours nouveaux, ces admirables paysages russes, il dit «volla Vasnetzov... Voilà Nesterov... Voilà Chichkine... Et voilà Lévitan...» II est difficile de dire si c'est une louange aux peintres nationaux ou à la nature russe. Ce qui est important, c'est que le paysage qui se découvre à nous, nous parait beau comme un tableau, et les peintres qui nous appris à voir et à comprendre ces beautés, ont tâché seulement de reproduire le plus directement ; est cette terre qu a toute Saint Serge de Radone, il s'est ilustre pateses travaux, ses prières, sa vie sans reproche pour l'accomplissements des commandements de Dieu et ces endroits sont devenus glorieux grâce à sa gloire.
Que la mémoire du Saint soit bénie et à l'avenir et dans l'éternité!
Notre voiture avance sans se presser sur la route asphaltée. Devant nous à la lisière d'un bois, plusieurs voitures gris claire se sont arrêtées. Ce sont de pareilles voitures qui desservent les hôtes du Patriarche Russe. Au premier moment nous nous sommes inquiétés, n'est-il pas arrivé un accident quelconque?
Le chauffeur répondit fièrement: «Rien ne peut arrivé à une «Zis 110»!
«Zis 110», est la marque de l'une des meilleurs automobiles soviéti En effet, ce sont les voitures du Patriarche roumain et de sa suite qui se sont arrêtées à la lisière d'un bois. Le Patriarche a voulu faire une petite halte avant d'arriver au monastère de Saint Serge.
Lorsque nous arrivons à la Laure, il reste une heure de libre avant le commencement de la Liturgie. Mais c'est à peine si nous pouvons parvenir au parvis de la Cathédralede l'Assomption, tant il y a de monde dans la cour de la Laure. Et ce n'est qu'un petit chemin menant de la cathédrale de l'Assomption au Réfectoire qui est sévèrement gardé. C'est par ce chemin que doit passer S. S. le Patriarche Alexis avec ses invités.
Nous entrons à l'église. A l'exception des places qui ont été réservées pour les hôtes, membres du clergé et laïcs, toute la grande église est pleine de monde. Et un silence étonnant règne malgré cette multitude.
Près de la châsse de Saint Serge, installée non loin du sanctuaire, se tient un «schimnik» (moineobservant les règles les plus austères et ayan fait ses voeux de deuxième degré). Un gros cierge brûle d'une grande flamme épaisse, et des gouttes de cire, telles des larmes, coulent tristement. La petite flamme de la veilleuse que l'on dirait immobile, semble être figée dans sa lueur séculaire. Tout autour de la châsse des fleurs soigneusement disposées.
La cloche de la Laure retentit. Le clergé et les moines, deux à deux, tenant un cierge à la main, vont à la rencontre de leur Prieur, le Saint Archimandrite de la Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis.
Cinq évêques: un membre de la délégation serbe, le Métropolite de Spolié Joseph, l'Exarque pour l'Europe Centrale, l'archevêque de Vienne Serge, l'archevêque d'Astrakan Philippe, l'archevêque de Novosibirsk Barthélemy, et l'évêque de Tachkent Goury, invités à concélébrer avec le Patriarche, s'arrêtent à l'entrée de la Cathédrale de l'Assomption. Ici, on voit l'archimandrite Arsène venu présenter la croix au Patriarche. Le reste de la procession s'est placée tout lé long du chemin conduisant de l'église au réfectoire
Et avance lentement au son du choeur de la Laure et du carillon sonnant à toute volée.
Ce début montre que l'office divin ici sera solennel, mais sobre selon la règle monastique, imprégné de l'esprit d'ascétisme.
La Liturgie suit son cours habituel. Mais chacun de ses actes apparait, ici, extrêmement précis. Cela s'explique par la façon particulière de prononcer les formules, de lire les heures, des motifs caractéristiques du choeur, ou bien par une retenue générale, involontaire; d'une facon ou d'une autre, on se rappelle tout le temps qu'on se trouve dans un monastère.
Et le peuple prie, ici, d'une autre façon aussi, avec une plus profonde piété, se signant d'un large signe de croix et s'inclinant profondément. Le «Credo»
Et le «Pater» sont chantés par toute l'assistance.
Cliner devant les Reliques de Saint Serge. Et même apres avoir accompli cet acte de dévotion longtemps encore ne voulaient pas se retirer.
A la fin de la Liturgie, pour le Te Deum, arrive le Président pour les Affaires de l'Eglise auprès du Conseil des Ministres de |'U.R.S.S., G. G. Kardele, son remplacent, S. C. Belychev, les membres du Conseil et beaucoup de Aprés le Te Deum, tous les invités, deux à deux, bien en ordre et selon leur rang hiérarchique, se rendent au réfectoire. La procession est fermée par le Saint Archimandrite de la Laure, S. S. le Patriarche Alexis.
Au cours de la collation offerte au réfectoire a lieu la clôture des fêtes commémoratives du cinq centenaire de l'autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe. C'est précisément ici que le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies s'adresse à ses hôtes avec sa dernière allocution d'adieu.
La dernière prière dite en commun, le 19 Juillet, à midi, a lieu sur la tombe du Patriarche Tikhon, au monastère Donskoï, à Moscou.
L'eglise de Notre Dame du Don, où reposent les restes du Patriarche Tikhon, est la plus ancienne église du monastere Donskoi. Elle a été bâtie en souvenir de la libération miraculeuse de Moscou de la destruction et du pillage, lors de l'attaque du Khan tatare Kazy Guiréi, en 1591. L'attaque ennemie fut impétueuse et inattendue.
Moscou n'était pas prête pour la défense. Plus la prière était ardente, plus il y avait d'espoir en Dieu et en Sa Pure Mère. A l emplacement actuelle de l'église, à l'endroit que l'on appelle le Champs des Moineaux, près du lieu du combat, il y avait la tente où se trouvait l'icone de Notre-Dame du Don, devant laquelle on priait sans interruption. C'était le jour de la fête de Saint Serge, la fête patronnale de la chapelle ambulante de l'armée, le Khan Kazy-Guiréi s'était approché de Moscou et soudain, sans aucune raison apparente, s'enfuit subitement. Ce miracle fut attribué à la présence dans le camp des défenseurs de la capitale de l'état moscovite de l'icône de Notre-Dame du Don. Deux ans plus tard on érigea cette église en son honneur, avec un autel en l'honneur de Saint Serge. On peut considérer l'année 1593 comme l'année de la fondation du monastère Donskoï.
Toutes ces données nous ont été fournies, aprés la panikhide, par le supérieur de l'église, l'évêque de Mojaisk, Macaire. C'est lui qui célébra l'office sur la tombe du Patriarche Tikhon.
La petite église qui se compose de l'église même et du réfectoire qui lui a été ajouté plus tard, ne peut contenir que le clergé et les membres des délégations.
La tombe du Patriarche Tikhon se trouve sur le côté droit, en entrant dans l'église, dans l'ancien réfectoire.
Des voûtes basses, de petites fenêtres profondes, une pénombre...
La sombre croix de bais du Calvaire se dessine à peine sur le fond gris clair du mur. Elle sépare l'église du réfectoire. Les veilleuses scintillent près du Calvaire et au-dessus de la tombe du Patriarche. La lumière ne fut pas plus éclatante, lorsque'on allume les lustres. Une religieuse, courbée par l âge, place des cierges pres de la tombe. La priere orthodoxe pour les detunts est la même pour tout le monde-tous sont égaux devant Dieu. Les paroles des tropaires et des irmos sont très profondes, poétiques et sages. Ses frères en Christ, réunis ici, prient pour le repos, le calme, la bienheureuse mémoire du défunt. «Que le Seigneur lui pardonne ses fautes» s'entend dans toute l'église le motif bien connu qui est touchant et triste. «Car tu es poussière et tu reviendras poussière», il en est ainsi et il en sera ainsi de nous tous, de nos restes fragiles. La tristesse s'empare de tout le monde.
Mais on entend les paroles «mémoire éternelle» qui sont chantées par le ( choeur et par l'assistance... Dans ces deux mots est renfermée la grande force de la vie, la justification de l'existence de l'homme et de ses bonnes actions.
Non, ce n'est pas la mort qui est glorifiée, ici, pendant la panikhide, mais l'éternelle, la joyeuse et sage vie qui ne s'éteint jamais.
Le 20 Juillet, et les jours suivants, les délégations commencent a quitter la capitale. Selon leur désir, les hôtes du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, se dirigent vers d'autres villes de l'Union Soviétique: Léningrad, Kiev, Tbilissi.
A. Ch.
Dans le prochain numéro (N 8) du « Journal du Patriarcat de Moscou»
Seront incérés tous les autres documents et articles relatifs à la célébration solennelle des Fêtes du cinqcentenaire de l'Autocéphalie de l'Eglise Orthodoxe Russe, et qui n'ont pu paraître dans ce numéro spécial.
La Rédaction.
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